James Ellroy Edition poche Edition originale note James ELLROY

Le Dahlia Noir

traduction (américain) : Freddy Michalski

Edition originale : Rivages / Thriller - Mai 1988
Rééditions :
Dernière édition poche : Rivages / Noir - Novembre 2006
Autres éditions : Rivages / Noir - Octobre 1990Edition poche /


Genre :
Roman noir
Roman d'enquête

Thème abordé :

Personnages :
Flic

Lieu :
Los Angeles

Époque :
Années 1950

Style :
Original

Poids du roman :
250 à 400 pages



Si vous avez manqué le début (quatrième de couverture) :

Le 15 janvier 1947, dans un terrain vague de Los Angeles, est découvert le corps nu et mutilé, sectionné en deux au niveau de la taille, d'une jeune fille de 22 ans : Betty Short, surnommée "le Dahlia Noir" par un reporter à cause de son penchant à se vêtir totalement en noir. Le meurtre est resté une des énigmes les plus célèbres des annales du crime en Amérique.


Les dix premières lignes :

Prologue
Vivante, je ne l'ai jamais connue, des choses de sa vie je n'ai rien partagé. Elle n'existe pour moi qu'au travers des autres, tant sa mort suscita des réactions transparaissant dans le moindre de leurs actes. En remontant dans le passé, en ne cherchant que les faits, je l'ai reconstruite, petite fille triste et putain, au mieux quelqu'un-qui-aurait-pu-être, étiquette qui pourrait tout autant s'appliquer à moi. J'aurais souhaité pouvoir lui accorder une fin anonyme, la reléguer aux quelques mots laconiques du rapport final d'un Inspecteur de la Criminelle, avec copie carbone pour le Bureau du Coroner, et quelques formulaires supplémentaires avant qu'on ne l'emmène à la fosse commune. La seule chose qui n'allait pas avec ce souhait, c'était qu'elle n'aurait pas voulu qu'il en fût ainsi (...).


Un avis personnel :

par Patrick Galmel, le 28 février 2005

Premier épisode d'un ensemble de quatre romans intitulé Le Quatuor de Los Angeles, regroupant Le Grand Nulle Part, L.A. Confidential et White Jazz, Le Dahlia Noir met en scène un des crimes les plus médiatisés de l'histoire des Etats-Unis : l'assassinat d'Elisabeth Short, le 15 janvier 1947.
James Ellroy s'empare de ce fait-divers sanglant et de l'enquête inaboutie qui s'en suivit, y intègre deux superflics boxeurs qui vont faire équipe sur cette affaire qui va bientôt faire partie intégrante de leurs propres vies et les "bouffer" de l'intérieur. Il nous présente également le procureur Ellis Loew et sa politique qui vise essentiellement à soigner sa propre image et à médiatiser à outrance l'enquête au détriment de son aboutissement.
Ellroy nous plonge dans la vie des milieux policiers de la Los Angeles des années 50, la corruption, les luttes d'influence, la violence... C'est aussi, compte-tenu de son histoire personnelle, une plongée en profondeur en lui-même, une sorte de catharsis quant à l'assassinat de sa propre mère, toujours inexpliqué, survenu lorsqu'il n'avait qu'une dizaine d'années, et "refoulé" pendant les nombreuses qui suivirent.
Un livre sombre, noir, violent, intense, d'une puissance phénoménale, et considéré par beaucoup, moi-même en premier, comme un des grands chef d'œuvre de la littérature noire américaine. Indispensable !!!


Un autre commentaire par Sophie note

Ce bouquin mérite que l'on s'y arrête un peu longuement, pour la somme de boulot qu'il a sans doute représenté, pour l'importance qu'il a pour son auteur, et surtout pour la profondeur et l'implication sous-jacente que l'on sent partout. C'est pourquoi je vais m'y attarder un peu, et il est possible que je dévoile certains traits de l'intrigue. Donc pour ceux qui ne l'ont pas lu, il vaut mieux éviter de lire ce message.

D'abord, c'est assez rare, mais il m'est presque difficile de dire si j'ai aimé ou pas. Je n'ai pas été emportée sans avoir le temps de souffler comme j'avais pu l'être en lisant Lune Sanglante . Néanmoins, j'ai été captivée pendant la première partie. Puis mon interet est retombé, durant ce passage à vide que j'ai évoqué précédemment.

Tout le début, les 150 premières pages grosso modo, sont ultra puissantes. Depuis la rencontre entre les deux équipiers, Bucky Bleichert et Lee Blanchard, jusqu'à la fuite de ce dernier. La découverte du corps de Betty Short, les débuts de l'enquête, tout ça est très bon.

Puis Lee se barre, et Bucky commence à sombrer, malgré quelques périodes de rémission. Lorsque la sauce commence à remonter, au moment où il reprend l'enquête sur le Dhalia, plus de deux ans après sa mort, ça n'a pas pris pour moi. J'ai lu toute la fin de plus en plus vite, avec à la fois l'envie de "savoir" et l'envie d'en finir.

La fin m'a déçue. Mais avec le recul, je pense que ça n'est peut-être pas dû à ce qu'elle est, à savoir une reconstitution imaginaire conçue par un esprit obsessionnel, mais à ce qu'elle n'est pas, à savoir la "vérité".
Ceci s'est fait inconsciemment pendant la lecture, je ne m'en suis rendue compte qu'après. Le fait de savoir qu'Ellroy a bâti sur une histoire véridique une fable pour exorciser ses démons, m'a probablement donné cette impression de "mais à quoi ça sert tout ça ?", ce sentiment que ces 200 dernières pages étaient "inutiles".

Une autre curieuse impression en fin de lecture, celle de ne pas "connaître" du tout le fameux Dahlia noir, la fameuse Betty Short, malgré tout ça. Malgré 500 pages qui lui sont totalement et inconditionnellement dédiées.
Souvent dans les polars, la victime est le personnage central et en même temps "négligeable", celui/celle qu'on ne connaît pas, ou seulement par ouï dire. Le prétexte à l'intrigue, celui/celle à qui l'on doit le déroulement de l'histoire, c'est à ça que se borne parfois son rôle. Et pourtant bien souvent, on arrive à s'en faire une idée, à la voir comme un personnage bien réel. Ici, j'ai eu la sensation inverse. Comme si plus on parle de Betty, plus quelques hommes sont obsédés par elle, et plus elle disparait, s'évapore dans les limbes de leurs cerveaux, sans laisser de traces concrètes.
Elle en tant que personne, en tant que femme, elle ne m'est pas apparue, elle est restée de l'ordre du concept.

Et c'est donc d'autant plus difficile de comprendre ou d'accepter qu'elle soit une obsession pour ces quelques policiers, le narrateur en particulier.
Pourquoi donc ce petit flic ancien boxeur aux dents longues s'amourache-t-il du Dahlia ? Est-ce parce que le crime est particulièrement horrifique ? Mais il y a surement des tas de crimes dégueulasses à Los Angeles, pourquoi celui-là ?

Il y a là-dedans quelque chose que je ne capte pas, qui m'échappe totalement, peut-être parce que je suis une femme, et que l'énigme du Dahlia Noir est avant tout l'histoire de fantasmes masculins. Car cette histoire relève presque exclusivement du fantasme : la fille drapée de noir, pute à ses heures, qui veut être actrice et qui idolatre n'importe quel homme portant un uniforme. La nunuche-pouffiasse, pas très maline, mais tellement jolie.
Cette fille est aussi irréelle que Marylin Monroe sur les photos où elle tient sa robe à deux mains d'un air faussement candide.

Le livre de Ellroy ne raconte pas tant une enquête policière que trois (et une en particulier) trajectoires individuelles. Celles de Bucky le narrateur, accompagné de Kay l'amour de sa vie et Lee le deuxième amour de sa vie, dans un autre genre.
C'est l'histoire de ce trio qui sous-tend tout le livre.
Y chercher une enquête phénoménale, l'intrigue du siècle, les dessous de LA, comme dans la trilogie Lloyd Hopkins par exemple, est s'exposer comme je l'ai fait à cette déception. Le Dahlia Noir n'est pas un polar, au sens le plus commun du terme.
C'est un roman noir, très noir et très sanglant. C'est surtout un embrouillamini d'histoires d'amour compliquées, parce que les personnages n'arrivent pas à faire simple.

Et à la manière d'Ellroy, même les histoires d'amour virent au cauchemar. Pas un soupçon de tendresse, ou de douceur, comme on peut en trouver dans les romans même les plus sombres de Dennis Lehane.
L'exigeance, la rigueur, la folie et la peur sont les maîtres mots.


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Quelques pistes à explorer, ou pas...

DVD Le Quatuor de Los Angeles dans son ensemble est une œuvre majeure de James Ellroy et sa lecture devrait presque être obligatoire...

Concernant cette enquête en particulier, il semblerait bien que depuis peu elle soit élucidée et que Steve Hodel ait fini par venir à bout de L'Affaire du Dahlia Noir. Avec également une sorte d'hommage rendu à James Ellroy par Michael Connelly dans Le Dernier Coyote.

Visiter le site français Black Dahlia, sûrement le mieux documenté sur le sujet...

L'adaptation cinématographique du roman est signée Brian de Palma (sorti en France en novembre 2006)



Du même auteur :

Bibliographie non exhaustive... Seuls sont indiqués ici les ouvrages chroniqués sur le site.


Lune Sanglante À Cause de la Nuit La Colline aux Suicidés Clandestin Le Grand Nulle Part Un Tueur sur la Route American Tabloïd
Ma Part d'Ombre American Death Trip

Ce qu'on en dit sur le forum de Pol'Art Noir :

Vous pouvez, vous aussi, entamer ou poursuivre la discusion...

Par Stoogie, le 23 Juin 2005
Je l'ai lu il y a quelques années déjà. J'avais trouvé ça super. Allez, 4 étoiles et demi. J'ai lu L'Affaire du Dahlia Noir récemment. J'ai HALLUCINE. Captivée du début à la fin. Et à la base, ce n'est pas un roman. 5 étoiles pour celui-là. La préface de James Ellroy est très touchante.
Ce crime m'a un peu retournée parce qu'il faut dire que j'ai cherché à en savoir plus sur Internet et que je suis tombée sur des photos atroces...
Après le roman, l'enquête, internet, vivement le film pour retomber dans la fiction et donc rendre ce meurtre horrible un peu moins réel...

Par Geof, le 20 Juin 2005
Voilà une lecture qui ne laisse pas indifférent ! Plus que l'histoire sombre et les personnages torturés c'est l'ambiance générale du livre qui fascine.
Voilà ! je ne regrette pas de l'avoir lu en plus j'ai appris que l'adaptation au cinéma est en cours de production, elle sera réalisé par Brian De Palma avec Hilary Swank, Josh Hartnett et Mark Wahlberg...

Par André Toutou, le 6 Avril 2005
... Une place à part dans le langage des fleurs... Cinq étoiles suffisent-elles ?


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