traduction (américain) : Gilles Morris-Dumoulin
Edition originale :
Le Cherche Midi - Août 2005
Rééditions :
Dernière édition poche : Seuil / Points Policier - Septembre 2006
Autres éditions :
|
Genre : |
Thème abordé : |
Personnages : |
Lieu : |
Époque : |
Style : |
Poids du roman : |
Un flic des stups et le dealer qu'il s'apprêtait à arrêter sont tués par des inconnus sur le territoire du shérif Carl Houseman. Quelques jours plus tard, un autre policier, de la brigade de Carl cette fois, est abattu chez un militant de la droite extrême américaine, lié à de mystérieux groupes paramilitaires. Des stups au FBI, en passant par les services secrets, la criminelle et les unités légales et scientifiques, tous arrivent sur les lieux. Compétition entre les différents services de police, classification top secret de certaines informations, querelles de personnes : la collaboration s'annonce difficile. En suivant au jour le jour l'enquête de Carl Houseman, on retrouve dans Code 10 le style unique de Donald Harstad : une écriture sèche, presque documentaire, d'un réalisme étonnant, qui analyse dans leurs moindres détails le fonctionnement et les techniques d'investigation de la police américaine.
Je m'appelle Carl Houseman. Je suis shérif en second du comté de Nation, dans l'Iowa, et doyen des enquêteurs de la brigade. Doyen du fait de mes années de carrière, mais aussi doyen par l'âge, un sujet qui commence à m'agacer doucement, quand on me classe, d'emblée, parmi les "seniors". Je viens tout juste de franchir le cap de la cinquantaine, et je prends assez mal les allusions que certains s'autorisent à formuler sur ma qualité de "vieux flic". En revanche, je vous parlerai volontiers des meurtres qui, vers la fin de l'été 1996, ont empêché de dormir la population locale.
Tout a commencé le 19 juin, vers 15 heures. J'avais décidé d'aller ramasser les deux gars préposés à la surveillance d'un champ de cannabis au cœur du parc Basil, une étendue boisée d'environ sept cent cinquante hectares, tout en collines abruptes largement couvertes de broussailles (...).
par Jan Thirion, le 31 mars 2006
Pas de chichi dans ce nouvel opus de Donald Harstad. Il reste fidèle à sa manière de raconter les faits, rien que les faits, sans fioritures, sans les canons habituels du genre, avec rebondissements obligés à chaque chapitre, intrigue emberlificotée, romance sous les balles qui sifflent et final apocalyptique hollywoodien où tout est résolu parce que sinon il faut se farcir un tome 2. Non, Donald Harstad écrit comme il ferait un rapport de police. On ne pleure pas, on ne se pinte pas au whisky en écoutant du jazz quand un collègue se fait descendre, on continue le boulot comme un bon petit soldat. Entre services de police, on se cache des choses, mais c'est normal, ce sont les relations habituelles entre officines concurrentes. La police locale, les Stups, la Crime, le FBI travaillent en parallèle et personne n'a les mêmes intérêts. Mais chez Harstad, les conflits ne virent pas à la caricature. Les différents intervenants lors de l'enquête restent des gens vrais, sans se transformer en des archétypes tout droit sortis d'une encyclopédie de psychopathologie. Exemple, ce fort-chabrol au cœur de l'ouvrage, où deux flics se font descendre, puis un journaliste, abattu froidement par les barricadés qui l'avaient convoqué. Harstad se permet de l'exploiter longuement, sans que cela serve véritablement l'intrigue. Cette confrontation types dans la maison - police à l'extérieur est décrite parce que c'est comme ça que ça se passe. Carl Houseman, le héros du livre, ne fait rien d'extraordinaire, sinon bavarder avec le maître de céans et le convaincre de se rendre pour une simple histoire d'assurance incendie et de vice de forme qui empêchera tout procès d'avoir lieu.
On est dans la banalité américaine la plus complète. Un règlement de comptes à OK Corral autour d'un lopin où pousse la sinsemilia, sorte de cannabis, des bykers à la petite semaine, un groupe paramilitaire antisémite avec des armes de combat en provenance des pays de l'Est, c'est monnaie courante chez l'Oncle Sam. Les allumés voient des complots partout. Ici, les péquenots d'extrême-droite de l'Iowa s'attendent à une invasion juive dont l'avant-garde barbare va se pointer dans les hélicoptères noires volés à l'armée et aux forces de police, et dans les hélicoptères blancs de l'ONU. Après les Indiens et les communistes, faut bien s'occuper l'esprit. L'air de rien, Donald Harstad nous montre une Amérique rétrograde. Dans ce registre, après Code 10, on pourrait poursuivre avec une BD cette fois, la dernière dernière de Will Eisner, "Le Complot : L'histoire secrète des Protocoles des Sages de Sion". Tout ce qui est dénonciation de ces bêtises parano du style Da Vinci Code est bon à prendre.
Quelques pistes à explorer, ou pas...
Donald Harstad a 26 ans de carrière dans la police de Clayton, dans l'Iowa, où il fut shérif adjoint, comme son héros et son double, Carl Houseman. Il a beaucoup communiqué via le micro de sa voiture et le walkie-talkie. Il fait de même dans ses romans. Comme tous les flics du monde, pour aller plus vite, il parle par code avec ses collègues. À chaque nombre ici correspond une situation. Code 10 : traduisez par dimanche 28.05.2006
Bibliographie non exhaustive... Seuls sont indiqués ici les ouvrages chroniqués sur le site.
Vous pouvez, vous aussi, entamer ou poursuivre la discusion...
Par Geof, le 20 Janvier 2009
Deuxième livre de l'auteur après l'excellent Onze Jours dans lequel apparaissait pour la première fois le Shérif adjoint Carl Houseman.
Dans Code 10, Donald Harstad s'attaque aux groupuscules d'extrême droite, para-militaires, qui foisonnent dans les campagne de l'Oncle Sam sur le concept du complot juif qui vise à prendre le contrôle, via l'ONU, des Etats Unis. Toujours avec son style très factuel qui raconte le déroulement d'une enquête, certe assez tarabiscottée, et, son Carl Houseman qui fait le boulot et qui ne rentre pas dans le cliché du flic torturé qui se finit tous les soirs au whisky en essayant d'oublier son mariage raté. Le quotidien des flics de campagne n'a rien à voir avec ceux des mégapoles. La radio ou le talkie-walkie est leur meilleur ami.
Dans Code 10, l'histoire commence par une fusillade dans un bois aux environs d'un champ de cannabis et la mort d'un flic des Stups. L'enquête commence et on vit vraiment celle-ci de l'intérieur, avec les cachoteries entre services, les objectifs qui divergent tout comme les indices. Seule la fin est un peu attendue, un peu comme pour un film d'action sorti d'Hollywood mais cela ne gâche pas le plaisir.
Par Marilou, le 16 Octobre 2006
J'ai aussi beaucoup aimé Code 10 mais ai tout de même préféré Onze Jours que j'ai trouvé plus intense, mais peut être est-ce parce que j'ai découvert cette écriture avec Onze Jours. Cela dit, l'histoire est passionnante et les personnages attachants.
Par JuKal, le 9 Octobre 2006
Carl Houseman, le héros récurrent de Harstad revient pour une deuxième enquête. Ça démarre par une fusillade près d'un champ de cannabis laissant un flic et un dealer sur le carreau et ça continue au gré des rebondissements et des avancées d'une enquête difficile. Les faits nouveaux surviennent parfois par hasard alors que Houseman passe et repasse en revue les différents procès-verbaux que l'affaire a produits.
Comme pour son premier roman, Onze Jours, Harstad nous fait partager le quotidien des policiers d'un état rural. Les soucis de budget et de relation entre les différents services de polices alimentent l'histoire.
Il nourrit son histoire de quotidien en rendant chaque détail intéressant, en osant s'attarder sur des évènements qui peuvent paraître secondaires mais qui ne sont jamais barbants. Harstad ose et fait mouche. On sent que ça vient de loin...
Ce site et le forum qui en dépend, sont déclarés à la Commission Nationale de l'Informatique et des Libertés (CNIL) sous le numéro 1119085.
Cette création est mise à disposition sous un contrat Creative Commons.
contact@polarnoir.fr