Yasmina Khadra Edition poche Edition originale note Yasmina KHADRA

Morituri


Edition originale : Baleine - Mars 1997
Rééditions :
Dernière édition poche : Folio Policier - Octobre 1999
Autres éditions :


Genre :
Roman noir
Polar social
Polar militant / engagé

Thème abordé :
Mafia / Crime organisé
Mystique / Religion

Personnages :
Flic

Lieu :
Afrique du Nord

Époque :
Années 1990

Style :
Littéraire

Poids du roman :
Moins de 250 pages



Si vous avez manqué le début (quatrième de couverture) :

De ma fenêtre, je peux voir la misère de la casbah, sa noirceur de rinçure et au bout, la Méditerranée. Il fut un temps où, de mon mirador de patriote zélé, il me semblait que la noblesse naissait de ces gourbis meurtris par la guerre et les déconvenues. C'était le temps où Alger avait la blancheur des colombes et des ingénuités. C'était le temps des slogans, du chauvinisme ; le temps où le Mensonge, mieux qu'un pépé mythique, savait nous conter fleurette.
Aujourd'hui, de sous les décombres des abus, la Nation retrousse ses robes sur des avortons terrifiants, et mon havre de fierté supplante en laideur la plus horrible des barbaries. Désormais, dans mon pays, il y a des gosses que l'on mitraille simplement parce qu'ils vont à l'école, et des filles que l'on décapite parce qu'il faut bien faire peur aux autres.
Désormais, dans mon pays, à quelques prières du Bon Dieu, il y a des jours qui se lèvent uniquement pour s'en aller, et des nuits qui ne sont noires que pour s'identifier à nos consciences...


Les dix premières lignes :

Saigné aux quatre veines, l'horizon accouche à la césarienne d'un jour qui, finalement, n'aura pas mérité sa peine. Je m'extirpe de mon plumard, complètement dévitalisé par un sommeil à l'affût du moindre friselis. Les temps sont durs : un malheur est si vite arrivé.
Mina ronfle à portée de mon déplaisir, épaisse comme une pâte rancissante, un bout de nichon négligemment déployé sur la bordure du drap. Elle est loin, l'époque où je me l'envoyais au détour du plus innocent des attouchements (...).


Un avis personnel :

par Patrick Galmel, le 30 septembre 2005

Morituri est le premier volet de la trilogie ou intervient le commissaire Llob (à compléter par Double Blanc et L'Automne des Chimères). Son auteur en raconte la genèse en remontant en 1994 : alors en poste dans l'armée algérienne, en pleine guerre civile, il est le témoin d'un attentat perpétré dans un cimetière ; une horreur. C'est dans l'urgence, presque dans une sorte d'état second, que sera écrit Morituri, comme un cri déchirant le silence.
On y retrouve la commissaire Llob, premier pseudonyme de l'auteur (cf. Le Dingue au Bistouri), personnage cynique et macho qui, avec sa femme Mina et son fidèle lieutenant Lino, constituent les principaux intervenants humains de ce récit. Llob, dans une Algérie à la dérive, tente de rester droit et intègre, mais il subit également, comme chacun, l'horreur latente, la peur qui mine tout fonctionnaire de police, cible potentielle d'un attentat de plus.
Le commissaire se voit confier une enquête sur la disparition de la fille d'un homme politique rangé des voitures mais dont l'influence et le pouvoir restent certains. Llob navigue en eaux troubles et dans des milieux bien louches !.. C'est l'occasion pour l'auteur de dénoncer la mafia politique au pouvoir, le niveau de corruption des édiles qui a poussé le peuple, miséreux, dans les bras des intégristes dont ils avaient fait le nid.
Un roman très noir, très réaliste, d'une grande lucidité et (donc) sans illusion, qui démonte les mécanismes qui ont fait sombrer ce pays dans le fratricide. Violent et désespéré, mais pourrait-il en être autrement ?


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Quelques pistes à explorer, ou pas...

Retrouvez le commissaire Brahim Llob dans la suite de la trilogie qui complète l'analyse entamée ici, avec Double Blanc et L'Automne des Chimères.



Du même auteur :

Bibliographie non exhaustive... Seuls sont indiqués ici les ouvrages chroniqués sur le site.


Le Dingue au Bistouri L'Automne des Chimères La Part du Mort

Ce qu'on en dit sur le forum de Pol'Art Noir :

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(sans note) Par Crimson Fred, le 27 Avril 2007
Au risque de choquer certains, je n'ai pas aimé ce bouquin... ou disons plutôt que je n'ai pas aimé cet univers et cette ambiance.
Je trouve le personnage de Llob tellement exagérément désespéré que l'on se demande "mais alors qu'est ce qu'il fout encore là" ; l'univers décrit par Khadra est à mon sens non pas noir mais nauséeux : violence extrême, corruption à toutes les échelles de la société, le vice, en fait une certaine idée du Mal, du Moche...
En tout cas c'est cette impression qui me submergeait au moment de la lecture et cela m'a ôté, d'une certaine manière, le plaisir de découvrir la suite de l'histoire qui n'est quand même pas plus accrocheuse que cela. En même temps l'auteur atteint peut être finalement son but dans le sens où son roman arrive à nous générer des sentiments contrastés.
David Peace qui est pourtant "noirissime" dans son genre ne m'avait pourtant pas fait cet effet négatif. Je pense que cela provient du fait que la société dépeinte est différente et puis il est vrai que leurs styles de narration ne sont pas comparables.

Par Mac, le 16 Mars 2006
Le commissaire Llob a peur, les fonctionnaires et intellos se font descendre en Algérie, les bombes explosent, les massacres perdurent au nom de quoi ?
Ce livre est un état des lieux dans un pays en crise, par le biais d'une enquête, Yasmina Khadra dresse le portrait des profiteurs, des magouilleurs, sur fond de violence extrême ou extrémiste.
Un coup de cœur pour le personnage de Da Achour qui fait figure de "Sage".

Par La Loche, le 4 Janvier 2006
Je viens de me manger Morituri et Double Blanc de Yasmina Khadra (réédité chez Folio Policier, Gallimard). M'est avis que je ne vais pas m'arrêter là.
Sûrement que l'Algérie à besoin de rêver.. Le Commy Llob est un super héros, un genre de chevalier nouveau, un pourfendeur d'injustices, un redresseur de torts qui bataille pour son pays et la justice. Yasmina Khadra raconte l'Algérie, Alger, la corruption, les intégristes, les magouilles financières des grosses fortunes qui tentent de tirer à elles la couverture laissée par le socialisme.
Le Commissaire Llob fait un peu penser à un Marlowe algérien. Khadra, comme Chandler, fustige les politiques, les grosses fortunes, les petites frappes, tous et toutes enfoncés jusqu'au cou dans le corruption.
Il raconte le désenchantement d'un pays à qui l'on a volé sa révolution, avec les intégristes en menace constante, suppôts de la maffia politico financière.

Par Sophie, le 17 Octobre 2005
Périple rituel à la bibliothèque l'autre jour, enfin je prends un bouquin de Yasmina Khadra. J'en ai tant entendu parler...
Une pincée d'appréhension en l'ouvrant, et si ça n'était pas aussi génial qu'on me l'a dit ?
Pincée vite balayée par le vent magique (et tragique !) qui souffle entre les mots. Peinture de l'Algérie au temps du terrorisme, avec corruption, mafia, petit peuple broyé sous des intérêts inhumains... Tout y est. Tous les ingrédients d'un excellent polar.
Ajouté à ça, une écriture extraordinaire, tellement imagée que ça fait presque mal aux yeux.
C'est à lire... Vraiment...


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