Edition originale :
Gallimard / La Noire - 1977
Rééditions :
Dernière édition poche : Folio Policier - Juillet 1999
Autres éditions :
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Ceci est un roman noir.
C'est l'histoire d'une tueuse professionnelle, solitaire et aliénée, qui fait son œuvre sanglante.
C'est l'histoire d'un contrat inhabituel, dans une ville pourrie par le fric.
Les chasseurs étaient six. C'étaient surtout des hommes de cinquante ans ou plus, et puis aussi deux jeunes à l'air goguenard. Ils portaient des chemises à carreaux, des gilets de mouton, des surtouts de toile imperméable kaki, des bottes plus ou moins hautes, des casquettes. L'un des deux jeunes types était efflanqué et l'un des quinquagénaires, un pharmacien à lunettes aux cheveux blancs en brosse, était assez mince. Les autres chasseurs étaient ventrus et sanguins, surtout Roucart (...).
par Patrick Galmel, le 30 septembre 2005
Fatale retrace le parcours d'une tueuse qui se fait appeler Aimée Joubert (on ne connaîtra jamais son vrai nom) et qui débarque dans une ville moyenne imaginaire, Biéville, pour y faire le ménage à sa manière. De fait, voilà posée toute l'intrigue de ce court roman de cent cinquante pages que nous offre Jean-Patrick Manchette, mais on sait bien que là n'est pas le principal intérêt de ses récits.
Biéville est une réduction du monde, de la France de la fin des années soixante-dix, et Aimée en est l'observatrice avant d'en être l'exécutrice. Elle se glisse dans la vie locale bourgeoise, se mêle aux responsables locaux, aux édiles, aux décideurs, aux entrepreneurs, aux commerçants, en un mot : aux notables et, attentive, recueille ses impressions. Elle cherche sa victime, et celui ou celle qui la paiera pour l'en débarrasser. Mais Biéville, comme le monde, comme la France, sa bourgeoisie, est bien sombre, et ils sont nombreux à "mériter" les foudres d'Aimée...
Manchette aborde l'organisation des pouvoirs à travers cette bourgade, la mise en coupe réglée de budgets (ici municipaux) qui se retrouvent employés au seul bénéfice des entreprises, les magouilles des industriels qui jouent avec la sécurité alimentaire (en 1977 !..), la corruption, les trafic d'influence et les arnaques en tout genre... Et puis Aimée est une femme, une femme qui a su se libérer... même si elle n'en sort pas vivante.
Un roman sombre et désespéré, sans illusion, ou les "coupables" se sentent tellement "innocents" :
"Écoutez, je ne mérite pas la mort. Qu'ai-je fait, sinon suivre les tendances propres à la race humaine ? Et encore. Nous sommes des enfants de chœur à côté de nos ancêtres (...).
Dites-moi une seule chose extraordinaire, dites-moi une seule chose qui soit vraiment un crime dans ce que j'ai fait."
Quelques pistes à explorer, ou pas...
Fatale retrace le parcours d'une tueuse qui se fait appeler Aimée Joubert (on
Manchette n'a eu de cesse d'éclairer son époque de son regard parfois visionnaire. Il pourchasse impitoyablement la magouille et l'hypocrisie. Lisez tout Manchette !
Bibliographie non exhaustive... Seuls sont indiqués ici les ouvrages chroniqués sur le site.
Vous pouvez, vous aussi, entamer ou poursuivre la discusion...
Par Freddie Noon, le 27 Juillet 2008
Calme et paisible jusqu'aux scènes finales, le roman est aussi énigmatique que son personnage principal pour les autres protagonistes. Ombre parmi des ombres. Il ne se dévoile que devant un baron Jules blessé, avant de révéler l'amplitude de ses failles psychologiques et de sa rage froide face à ses commanditaires. Manchette fait preuve de son talent pour la création de caractères crédibles en peu de caractéristiques, par des détails significatifs. On suit Aimée Joubert dans ses déambulations cycliques en Raleigh autour des riches de Bléville – comme les cercles d'un prédateur autour de sa proie, de plus en plus rapprochés -, avec distance et froideur. La fin en apothéose peu paraître trop, elle est une catharsys attendue et détonnante répondant au calme du personnage d'Aimée et de son attitude détachée.
Par Mac, le 10 Février 2006
Une tueuse professionnelle se rend à Bléville. Elle s'immisce dans la vie des notables afin d'y trouver une victime et surtout un commanditaire.
Pas de sentiments, des constatations, elle analyse les situations pour parvenir à ses fins mais elle rencontre le Baron.
Un ton, un mode de narration qui m'a rappelé Le Couperet de Westlake, le moyen de décrire une société, des modes de fonctionnement avec un recul et une efficacité impressionnante.
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