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Deon Meyer Edition poche Edition originale note Deon MEYER

L'Âme du Chasseur

Traduction (anglais (Afrique du Sud)) : Estelle Roudet

Edition originale : Seuil Policiers - Janvier 2005
Rééditions :
Dernière édition poche : Seuil / Points Policier - Janvier 2006
Autres éditions :


Le début…


Les dix premières lignes…

Il se tenait derrière l'américain. Pratiquement collé à lui dans le métro bondé, l'esprit très loin de là, sur la côte du Transkei, où les vagues gigantesques viennent se briser dans un bruit de tonnerre.
Il se revoyait assis sur l'éperon rocheux d'où il contemplait la houle, sa progression linéaire à la surface de l'océan indien, impressionné par ce long voyage solitaire qui s'achève en un déferlement sur les côtes accidentées du continent noir.
Entre deux lames règne un silence parfait, quelques secondes de calme absolu. Le moment est si tranquille qu'il entend la voix de ses ancêtres - Phalo et Rharhabe, Nquika et Maqoma, son sang, sa source, son refuge (...).

La fin…


Quatrième de couverture…

Véritable force de la nature, "P'tit" Mpayipheli s'est refait une vie honorable après sa mise au chômage par les services secrets sud-africains lorsque la fille d'un vieux camarade de lutte lui demande son aide : son père a été enlevé et ses ravisseurs menacent de le tuer si elle ne leur livre pas la rançon bien particulière qu'ils exigent.
Que faire ? Renouer avec un passé de meurtres et de corruption qu'il a eu tant de mal à mettre derrière lui pour sauver son ami ou le laisser tomber pour protéger sa nouvelle existence ?
Il n'hésite pas et les ennuis commencent : derrière le kidnapping, c'est en effet tout autre chose qui se joue et l'oblige à jouer son va-tout.
Superbe course poursuite à travers une Afrique du Sud toujours en proie à ses vieux démons. L'Âme du Chasseur a été salué comme un grand livre par le maître du policier américain Michael Connelly.


Un avis personnel…


par Patrick Galmel, le 12 février 2005

Troisième roman de Deon Meyer traduit en français, L'Âme du Chasseur confirme, s'il en était encore besoin, qu'on a bien affaire là à un auteur qui pourrait finir par devenir incontournable. Dès le prologue et le premier chapitre (six pages en tout), on est happé par sa puissance évocatrice et on sait déjà qu'on ne lâchera plus ce roman avant d'en avoir avalé le point final, avec cette espèce de mélancolie frustrante que génère l'attente impatiente d'un prochain épisode...
On retrouve donc Thobela Mpayipheli, P'tit, déjà rencontré, effleuré, en tant que complice de Zatopek Van Heerden dans Les Soldats de l'Aube. Il a refait sa vie, remballé son artillerie, et aspire à la tranquillité au coté de sa compagne, Miriam Nzululwazi, et de son fils Pakamile qui s'est pris d'amitié pour cette figure paternelle au grand cœur. Mais la dure réalité refait surface et vient frapper à la porte de cette famille recomposée avec l'arrivée de la fille de Johnny Kleinjes, ancien compagnon du temps de la "lutte", qui vient demander l'aide de Thobela afin de sauver son père, retenu à Lusaka : il lui faudra pour ce faire convoyer jusque là-bas un disque dur renfermant de sombres souvenirs très convoités. S'en suit alors une chasse à l'homme à travers le pays où P'tit Mpayipheli devra se battre autant contre ses anciens démons que contre tous les nouveaux pouvoirs de la démocratie naissante de l'Afrique du Sud.
Deon Meyer aborde de front l'après apartheid et la construction de ce nouveau pays à travers ses services secrets, son armée, ses hommes et femmes de pouvoir, et l'immense difficulté à faire travailler tout ce petit monde dans la même direction : anciens du parti boehr, anciens de l'ANC, devant mettre en commun leurs savoirs, leurs expériences, leurs secrets... et leurs rancœurs... Et lorsqu'il se demande si Thobela arrivera à changer sa vie, n'est-ce pas un peu à son pays que l'auteur pose la question ? Comme à travers ces mots qu'il glisse dans la bouche de Zet, face à Miriam (p.173) :
"Je ne crois pas qu'un homme puisse changer fondamentalement, le mieux qu'on puisse faire, c'est de reconnaître la part de bien et de mal qui est en nous. Et de l'accepter. Parce qu'elle existe. Au moins en puissance. On vit dans un monde où le bien est glorifié et le mal méconnu. On peut changer de point de vue. Pas de nature."
Ou encore quelques lignes plus loin : "L'avocate, Beneke, était là elle aussi, elle avait discuté avec Miriam, en anglais, mais le courant ne passait pas, avocate et serveuse, leur couleur, leur culture, et 300 ans d'histoire africaine avaient creusé un gouffre béant que leurs silences gênés ne parvenaient pas à combler"
Reste l'intrigue, le support, cette chasse à l'homme à travers le pays, où on épouse successivement, de manière enchevêtrée, pratiquement comme dans un puzzle, les points de vue des différents protagonistes, Thobela lui-même, le guerrier solitaire, mais aussi Janina Mentz, responsables des services secrets, Allison Healy la journaliste, Tiger Mazibuko le mercenaire, et d'autres encore. La lecture n'en reste pas moins fluide, voire captivante, angoissante même lorsque le rythme s'accélère.
Deon Meyer aime son pays, aime son avenir aux couleurs de l'arc-en-ciel, même si sa construction prend parfois des chemins chaotiques. À ne pas manquer...

   


Vous avez aimé…


Quelques pistes à explorer, ou pas...

Son précédent roman était déjà une vraie réussite : Les Soldats de l'Aube, et puis pour parfaire votre connaissance de l'Afrique du Sud, vous pouvez tenter une incursion chez l'homme du froid, Henning Mankell, et La Lionne Blanche, sorti en France en 2004, mais écrit en 1992, soient deux ans avant l'arrivée au pouvoir de Nelson Mandela.


Du même auteur…


Bibliographie non exhaustive... Seuls sont indiqués ici les ouvrages chroniqués sur le site.


Jusqu'au Dernier Les Soldats de l'Aube Le Pic du Diable Lemmer, l'Invisible 13 Heures À la Trace

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