traduction (norvégien) : Elisabeth Tangen - Alexis Fouillet
Edition originale :
Gaïa Editions - Février 2003
Rééditions :
Dernière édition poche : Folio Policier - Mars 2005
Autres éditions :
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Parce qu'une jeune Norvégienne a été sauvagement jetée d'une falaise à l'autre bout du monde en Australie, l'inspecteur Harry Hole de la police d'Oslo est envoyé sur place par une hiérarchie soucieuse de l'évincer. Ce qui n'aurait dû être que routine diplomatique va se transformer en traque impitoyable au fur et à mesure de meurtres féroces qu'Harry Hole refuse d'ignorer. Autre hémisphère, autres méthodes... Associé à un inspecteur aborigène étrange, bousculé par une culture neuve assise sur une terre ancestrale, Hole, en proie à ses propres démons, va plonger au cour du bush millénaire. L'Australie, pays de démesure, véritable nation en devenir où les contradictions engendrent le fantastique comme l'indicible, lui apportera, jusqu'au chaos final, l'espoir et l'angoisse, l'amour et la mort : la pire des aventures.
Quelque chose clochait.
La préposée au contrôle des passeports avait d'abord souri de toutes ses dents :
" Comment ça va, mon pote ?
- Bien ", avait menti Harry Hole. Cela faisait plus de trente heures qu'il était parti d'Oslo via Londres, il avait passé tout le voyage depuis le transfert à Bahrein assis dans ce satané fauteuil, juste devant l'issue de secours. Pour des raisons de sécurité, il ne pouvait s'incliner que partiellement, et la colonne vertébrale de son occupant avait commencé à se tasser avant l'arrivée à Singapour.
Et à présent, pour ne rien arranger, la fille derrière son comptoir ne souriait plus (...).
par Patrick Galmel, le 31 janvier 2006
Prix du meilleur roman policier nordique en 1998.
Harry Hole est enquêteur dans la police norvégienne. Il débarque à Sydney dans le cadre de l'enquête sur le meurtre d'une jeune compatriote exilée, Inger Holter, retrouvée violée et étranglée. Il est accueilli à sa descente d'avion par Andrew Kensington, policier aborigène rattaché à l'affaire et chargé de le conduire, de le guider.
Harry est bien vite confronté au choc des cultures, mais plus vite encore au chef de la police qui voit d'un très mauvais œil qu'on vienne piétiner ses plates-bandes de si loin :
"- Bien. Oublie tout ça. Voici les nouvelles règles. Primo : à partir de maintenant, tu vas m'écouter moi, moi et rien que moi. Deuxio : tu ne participes à rien sans que je te l'aie clairement indiqué. Et tertio : un seul faux pas, et c'est le premier vol pour la maison."
En compagnie de son nouvel équipier, Harry mène l'enquête en se conformant aux directives de son supérieur autochtone et découvre l'Australie à travers le regard d'un de ses fils.
Pas de super héros chez Jo Nesbø, pas de détective au flair infaillible, juste un homme comme les autres avec un métier particulier, policier. Un homme comme les autres avec ses failles, ses blessures, ses démons qui vont resurgir d'un passé fragile à l'occasion de cette exploration australe.
Jo Nesbø prend son temps, même si sa mise en place est d'une rare efficacité et si en quelques lignes à peine il montre une image saisissante de vérité de la situation qu'il installe, de l'intrigue qu'il prépare. Il faudra attendre avant d'entrer dans le vif du sujet. À moins... À moins que, justement, le sujet principal de ce roman ne précède l'intrigue elle-même.
Car c'est bien à une approche de la société australienne que nous convie l'auteur du fin fond de sa Norvège. Un choc de cultures !.. Jo Nesbø, à travers le regard de Harry Hole, guidé par la connaissance d'Andrew Kensington, nous dresse le portrait d'une nation "construite" par les anglais sur la "dépouille" des civilisations aborigènes. Il rappelle l'histoire des premiers colons, prisonniers, bagnards, criminels, qui furent le fondement d'une nouvelle société, il éclaire le rejet absolu des indigènes, puis les diverses tentatives d'intégration (mais peut-on intégrer une population qui était présente avant vous ?), il met en lumière, en perspective, les différentes problématiques de ce pays à la fois tout neuf et au passé ancestral, la confrontation du puritanisme anglais et de l'esprit de liberté, le fait que l'Australie soit à la fois un pays de "ploucs" arriérés et Sydney la Mecque de la communauté homosexuelle, où les côtes de l'île le repaire de la génération post Flower Power.
"L'Australie est un endroit rêvé pour ceux qui veulent voyager, faire un peu de surf et profiter de la vie aux frais du contribuables (...). Un réseau local optimum et un climat à l'avenant. On vit dans un pays merveilleux."
"J'ai compris que leur idéal, c'est l'Australien honnête, simple, qui travaille dur, toujours de bonne humeur et avec un soupçon de patriotisme (...). Et derrière cette façade de simplicité joviale, on peut facilement cacher toute la merde qu'on veut."
Pour autant, Jo Nesbø n'en délaisse pas pour autant son intrigue policière qui, même si elle utilise quelques ressorts classiques vous entraîne tout de même dans une dernière partie haletante, ni la qualité de ses personnages ; Harry Hole et ceux qui l'accompagnent sont particulièrement attachants, par leur enracinement dans une vérité des plus concrètes, par leur manière de s'en débattre.
Aidé par une construction qui s'articule autour d'une vieille légende aborigène, l'auteur nous livre là un remarquable premier roman où l'amour et la mort se livre un combat sans issue. D'ailleurs, n'est-ce pas là la morale de la légende de Walla, le guerrier, de Moora, son amour, et de Bubbur : "L'amour est un mystère plus insondable que la mort".
Quelques pistes à explorer, ou pas...
Les romans de Jo Nesbø, qui mettent régulièrement en scène l'inspecteur Harry Hole, devenu personnage récurrent, sont tous parus chez Gaïa éditions : Les Cafards, Rouge-Gorge et Rue Sans-Souci.
Bibliographie non exhaustive... Seuls sont indiqués ici les ouvrages chroniqués sur le site.
Vous pouvez, vous aussi, entamer ou poursuivre la discusion...
Par Gemini, le 13 Janvier 2007
J'ai bien aimé cette enquête, l'utilisation des ficelles qui composent ce genre d'histoire.
Quand un flic norvégien est envoyé en Australie, je ne m'attends pas à découvrir le pays de manière authentique ...
Le norvégien collabore avec un flic aborigène qui conte certes un peu les histoires que l'on attend entre son peuple et les colons, mais n'est jamais prévisible dans son rôle.
Vu que les enquêtes, à moins d'être excellement bien montées, ne me passionnent guère, je suis plus sensible à ce que l'auteur met autour. J'ai trouvé Jo Nesbo efficace dans les remarques qu'il distille ça et là et dans la mise en place de ses personnages. On est dans un tableau où les traits et personnages son accentués,
Un peu à la façon d'un conte.
Harry Hole, ex-alcoolique, replonge et se paie une cuite, oui, mais quelle scène !
En mémoire aussi une baston que j'ai trouvé parfaitement écrite.
(...) Bref, je me suis laissée totalement porter par ce livre qu'au final je qualifierais de modeste, léger et efficace.
Par André Toutou, le 13 Octobre 2006
On trouve en effet, beaucoup d'ingrédients pour construire un bon thriller. Autrement dit beaucoup de clichés. Avec un talent indéniable, l'auteur nous livre pèle-mèle un héros ex-alcoolique-qui-replonge-durant-l'enquête, un Serial Killer, un commissariat bourré d'individus qui se détestent, une héroïne aux jambes longues qui sait s'effacer au moment opportun, des invraisemblances, le tout sur fond de guide touristique.
En plus le final (avec le héros qui tombe, rebondit, est blessé, s'en ressort, rattrape le méchant, re-tombe, se re-relève puis gagne) est interminable et sans surprise.
Un livre distrayant qui affiche de belles promesses mais ne les tient pas. Sur l'Australie, on lui préférera Cul-de-Sac de Douglas Kennedy.
Par Ramalou, le 26 Février 2006
(...) J'avais envie de voyager en Australie. Ça tombait bien, c'est là que se déroule l'intrigue. Mais j'ai eu l'impression de faire partie d'un voyage organisé. Tout ou presque est très prévisible. La première moitié du livre, il ne se passe pas grand chose, à part la visite guidée du pays avec un sympathique Aborigène comme guide. L'autre moitié est un peu plus prenante avec un peu plus d'action, mais toujours aussi prévisible.
Il y a beaucoup d'ingrédients pour un bon livre policier, mais je trouve que tout (le pays, la politique, les blancs et les Aborigènes, psychologie d'un serial-killer, l'amour, l'alcoolisme) n'est traité que superficiellement. Je ne suis pas vraiment rentré dedans. C'est bien dommage.
Je crois que c'est son premier roman. Peut-être que les suivants sont meilleurs ?
(sans note) Par Géraldine, le 2 Mai 2005
Une très bonne surprise que ce polar nordique
Harry Hole, policier norvégien se rend en Australie pour participer à l'enquête sur le meurtre d'une de ses compatriotes. Dès son arrivée, il fait équipe avec Andrew, un policier aborigène qui l'initie aux légendes et croyances de son peuple et lui fait rencontrer le milieu interlope de Sydney. Dealers, travestis, macs, tout ce petit monde semble connaitre la vérité. Après un second meurtre et malgré les soupçons de la police qui se portent sur l'ancien petit ami de la victime, Harry n'est pas convaincu. Andrew et ses connaissances semblent vouloir à travers des métaphores lui faire comprendre quelque chose. Entre son problème avec l'alcool qu'il croyait avoir réglé et sa relation de plus en plus sérieuse avec une serveuse, il a du mal à faire le tri...
Je n'en dis pas plus mais c'est un très bon polar. Le personnage est attachant et j'ai hâte de lire la suite de ses aventures. De plus contrairement à ce qu'on pourrait quelquefois reprocher à Mankell, ce roman est assez rythmé.
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