George Pelecanos Edition poche Edition originale note George PELECANOS

Nick La Galère

traduction (américain) : Jean Esch

Edition originale : Murder Inc. - Novembre 2001
Rééditions :
Dernière édition poche : Le Livre de Poche - Février 2005
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Si vous avez manqué le début (quatrième de couverture) :

Tout juste détenteur de sa licence de détective privé, Nick Stefanos en a déjà assez des filatures de maris infidèles. Alors il essuie des verres et les remplit pour les clients du Spot, à Washington D.C.
Un soir, Billy Goodrich, un vieux copain, vient le voir au comptoir. Sa femme a disparu. Pour Nick, un ami d'antan est un ami de toujours. Il accepte d'enquêter.
D'ivresse en cuite, de bar en bouge, d'un élevage de porcs au fin fond du Maryland, Nick va vite regretter ses petites histoire d'adultère.


Les dix premières lignes :

Le soir où Billy Goodrich entra, je faisais le barman dans un endroit appelé le Spot, une sorte de bunker en parpaings peints, éclairé par des ampoules de quarante watts, au coin de la 8e Rue et G Street, dans le Southeast. Selon une idée répandue, il ne reste plus aucun bar de quartier à Washington D.C., des endroits où un type peut disparaître, fumer des cigarettes jusqu'au filtre et boire des bières accompagnées de scotch. En vérité, il suffit de savoir les dénicher. L'endroit où on les trouve, c'est au bord du fleuve, près des taudis, à l'est de Capitol Hill.
Un vent venu de l'Arctique s'était abattu sur la ville ce soir-là, avec la brutalité d'une émotion féminine, transformant une pluie glaciale de décembre en neige molle et mouillée (...).


Un avis personnel :

par Patrick Galmel, le 31 mars 2005

Nick Stefanos a choisi, après avoir été viré de son emploi de vendeur d'appareillage électronique pour avoir organisé un duel au pistolet dans la remise, de devenir détective privé. Il a donc pris sa licence, mais il est surtout privé... de clients et hante les bibliothèques de Washington où il dévore des pans entiers de livres pour passer le temps et se garder du froid hivernal.
Lorsque le printemps revient, il met enfin le nez dehors et découvre le Spot, bar de quartier où il prend ses habitudes avant d'en devenir le barman attitré lorsque la titulaire se fait renvoyer pour avoir piqué dans la caisse.
Un soir que Nick est de service, Billy Goodrich, un ami d'enfance, débarque au Spot ; sa femme April a disparu, ou plutôt aurait quitté Bill pour un petit rouleur de mécanique lié à la mafia, un certain Joey DiGeordano. Nick, par amitié, parce que l'amitié c'est sacré, décide de mener l'enquête et de retrouver April. Il apprend très vite qu'en Fait April ne s'est pas volatilisée toute seule, qu'elle a emmené avec elle 200 000 dollars qui appartiennent au truand Joey, et que ce dernier est bien décidé à les récupérer, coûte que coûte...
On plonge direct, dès l'entame du roman, dans une atmosphère tout droit sortie d'un film noir américain des années 50, en noir et blanc bien sûr , avec ambiance enfumée et voix-off en prime. George P. Pelecanos nous ballade de bars en bars à la recherche de la femme de son pote. C'est un livre sur l'amitié et ses différentes facettes ; celle qui lie Nick et Billy, construite à coups d'adolescence, par les premières sorties en solo, et on sent chez l'auteur une grande nostalgie de cette époque du milieu des années 70 : "L'innocence de la marijuana n'avait pas encore cédé place à l'horreur de la cocaïne, et l'émergence des minorités économiques et politiques n'avait pas été broyée par la faillite morale des années Reagan".
C'est aussi l'histoire de Nick et Jackie Shan, sa collègue barmaid, homosexuelle, qui va lui demander de lui faire un enfant, par amitié. Celle de Nick et de William Henry, journaliste, assassiné on ne sait trop pourquoi, mais dont Stefanos voudra venger la mort, comme une espèce de dette d'honneur. Celle de Nick et de Boyle, le flic violent et alcoolique, et les autres, Darnell le cuistot, ou Lee...
Car ce sont les amitiés qui tiennent Nick debout, elles sont le ciment de sa vie ; sans elles, ils tombe. Alors quand on vient trahir cette confiance, c'est un effondrement : "Notre amitié, n'importe quelle amitié, c'est la seule chose qui peur durer. Tout le reste pourrit, mais l'amitié est censé durer. Tu en as profité. Tu as tout gâché".
Agrémenté d'innombrables citations musicales, ce roman de George P. Pelecanos est un hymne à l'amitié, même si la plus évidente de toute s'avère être la plus "fragile". Sombre et alcoolisé, mais non dénué d'espoir, l'univers de Pelecanos comme on l'aime...


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Quelques pistes à explorer, ou pas...

Le détective Nick Stefanos apparaît dans un autre roman de George P. Pelecanos, Anacostia River Blues, où on retrouve cette même atmosphère, et tout aussi réussi. On peut penser également à un lien avec l'univers de Quentin Tarentino, et une adaptation d'un roman de cet auteur par ce cinéaste donnerait assurément quelque chose d'exceptionnel. Un jour, peut-être...



Du même auteur :

Bibliographie non exhaustive... Seuls sont indiqués ici les ouvrages chroniqués sur le site.


Le Chien qui Vendait des Chaussures King Suckerman Anacostia River Blues Suave comme l'Éternité Un Nommé Peter Karas Funky Guns Blanc Comme Neige
Tout se Paye Liquidation Soul Circus Hard Revolution Drama City Les Jardins de la Mort Un Jour en Mai

Ce qu'on en dit sur le forum de Pol'Art Noir :

Vous pouvez, vous aussi, entamer ou poursuivre la discusion...

Par H. Sholmes, le 1 Décembre 2005
Nick's Trip en anglais, sorti dans sa version originale en 1998.
Nick Stefanos est détective privé à l'activité au ralenti. Il s'occupe en travaillant dans un bar à Washington. Un de ses vieux potes ( son meilleur pote ?) qu'il n'a pas vu depuis longtemps vient lui demander de retrouver sa femme disparue depuis une semaine.
Rien ne se déroule vraiment comme prévu mais pas forcément non plus comme on s'y attend !
La fameuse amitié a commencé lors d'un voyage que les deux copains ont entamé à la fin de leurs études. Ca dure un chapitre et il y a de quoi en faire un film.
Vient se greffer à l'histoire la mort violente d'un ami journaliste de Nick, et la rencontre avec une nana qui va lui demander un service spécial.
Références musicales omniprésentes.
Autant j'ai été moyennement déçu avec Le Chien qui Vendait des Chaussures, autant Nick la Galère m'a donné envie d'acheter un autre Pelecanos.


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