Edition originale :
Manuscrit.com - Avril 2004
Rééditions :
Dernière édition poche : Krakoen - Janvier 2007
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Il est des affaires criminelles où réalité et faux-semblants sont tellement imbriqués que rares sont ceux qui peuvent les démêler. Celle de la fille du chemin du Puits en fait partie...
On retrouve une jeune femme assassinée. L'enquête va être rondement menée. Très vite les indices vont s'accumuler, parler, devenir des preuves. Des preuves solides, accablantes, irréfutables. Indéniables... Tout désigne le coupable. Il est bientôt arrêté, rapidement jugé, sévèrement condamné.
Affaire classée. Oui, mais... Qui a fait quoi ? Pourquoi ? On ne le sait toujours pas... Jusqu'au jour où la vérité fera surface. Une vérité si subtilement cachée que personne ou presque ne l'avait soupçonnée.
Il y avait bien un troisième homme. Qui aurait pu l'imaginer ?
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Ne plus crier. Ne plus trembler.
Laisser faire... Souffrir un moment pour vivre plus longtemps. C'est mon seul espoir. J'ai vu des phares. Je crois avoir vu des phares. Une voiture... Il me semble qu'elle s'est arrêtée. Un bruit de portière qui claque. Je n'ai pas entendu de pas. Quelqu'un vient ? Mon Dieu... Faites que ce soit vrai ! À moins que ce ne soit le craquement d'une branche brisée par la tempête ? Et la lueur d'un éclair au loin ? Non... Pas ça ! Il ne faut pas. Je ne veux pas !
Ne pas bouger. Surtout ne pas bouger. Respirer doucement. Calmement. Laisser croire que j'abandonne. Que je baisse les bras... Penser à autre chose. Oublier. Laisser le temps filer (...)...
par Patrick Galmel, le 31 octobre 2005
La vallée de Chevreuse, un havre de verdure à quarante kilomètres de Paris, est le cadre du drame qui sert de colonne vertébrale à ce roman, une parenthèse de calme à portée de périphérique, une parenthèse où, en février 2004, le temps s'est arrêté...
Belle entame qui entraine de suite le lecteur dans l'intrigue, qui lui donne envie de tourner les pages, d'aller plus vite, tout en lui révélant d'entrée le fin mot de l'histoire. Une écriture toute en subtilité, pleine de retenue, qui montre pourtant la violence, la souffrance, avec beaucoup de justesse.
Hervé Sard nous présente tout d'abord sa victime, violée puis assassinée au détour d'un sentier de forêt. Puis bien vite apparaît le commissaire Landier, homme au calme olympien qui analyse, avec beaucoup de distance, les éléments découverts. Les indices sont nombreux, concordants, les présomptions se font conviction et un homme, François Petiau, sera condamné pour complicité dans ce crime qu'il nie farouchement.
Hervé Sard nous donne un narrateur qui navigue dans le temps. Il est le rapporteur de cette enquête qu'il se remémore parfois, qu'il vit au présent à d'autres moments. Il s'agirait presque de la confession d'un homme qui n'a pas su aller au bout de la vérité :
"Il ne faut pas confondre vérité et certitude. Encore moins certitude et conviction, ou conviction et apparence. Tu vois : de l'apparence à la vérité le chemin est long..."
L'auteur nous entraine dans une réflexion sur la fragilité de la justice dans une construction savamment orchestrée où il fait preuve, à plusieurs reprises, d'une science consommée du dialogue qui sonne juste et vient trancher le ton général du récit, tout de sobriété. Le procès d'un clochard lié à l'affaire est l'occasion d'un morceau d'anthologie, une tirade aux accents truculents où l'homme, emporté pas ses élans gaulois, assène ses quatre vérités au juge et à sa cour. Jubilatoire...
Un voyage qui se fait dans le temps, jusqu'au bout du souvenir, jusqu'à une improbable rédemption. Point de jugement, plutôt une observation, faite à distance, du devoir de justice.
Dernière minute !
Ce roman, après avoir été retravaillé, trouve une nouvelle vie chez Krakoen en paraissant sous le titre Vice Repetita en janvier 2007. Il est donc désormais disponible ici-même.
Quelques pistes à explorer, ou pas...
Hervé Sard n'en est pas à son premier polar : il a déjà publié chez le même éditeur "Jeux Dangereux" et s'adonne également à la science fiction.
Bibliographie non exhaustive... Seuls sont indiqués ici les ouvrages chroniqués sur le site.
Vous pouvez, vous aussi, entamer ou poursuivre la discusion...
Par Geof, le 12 Octobre 2007
Vice Repetita est un livre agréable dont l'intrigue tient le lecteur jusqu'au bout mais pour moi il a un gros défaut : le personnage du flic, de l'enquêteur avec qui on passe presque la totalité du livre et qu'au final on ne connait pas.
C'est pour moi le gros manque du livre, il manque un ton, une profondeur à ce flic. Les autres personnages étant beaucoup plus facile à visualiser. Bref Auteur à suivre...
Par Savvy!, le 2 Février 2006
Diapo
Première image : une jeune femme à l'aube de ses 21 ans meurt brutalement sur un cri. Nous sommes en 2004.
Deuxième image : un vieillard décède en laissant l'histoire d'une vie et nous voilà en 2050.
Fondu au noir
... L'histoire d'une vie ou plutôt celle de plusieurs vies. Le fil du temps est remonté, nous permettant de connaître le destin de plusieurs personnes.
Il y a eu meurtre. Il y a donc enquête. Si au départ l'histoire est amorcée par le document biographique du vieillard, l'enquête nous est narrée par l'inspecteur chargé du dossier. Tout au long de la lecture les indices s'accumulent, un suspect ressort, puis un deuxième se présente. Certains éléments ne cadrant pas dans le scénario de la police sont négligés, passés sous silence et finalement « justice » est rendue. Justice aveugle ? Justice expéditive ? Le lecteur suit l'enquête pas à pas, cherche, raisonne et essaie de déterminer et comprendre qui est l'assassin..
Dès la page 40, j'ai dû me parler très sérieusement pour ne pas jeter un œil à la toute fin du livre. À la fin du récit de l'enquêteur, on comprend que cette histoire lui a laissé comme un goût de bile qui lui remonte de temps à autre dans la gorge.
Hervé Sard ne fait pas dans l'étalage d'hémoglobine, ni dans les détails sordides. Il y a une retenue, une sobriété dans les mots et dans l'histoire. Un grand respect du lecteur qu'il ne veut pas égarer sous des faux semblants.
Mais ne dit on pas qu'on a les défauts de ses qualités. Trop de sobriété ?
J'aurais voulu comprendre plus. Il m'aurait fallu plus de détails. J'ai l'impression de n'avoir pu cerner le premier suspect. Comme s'il avait subit et renoncé devant la fatalité. J'aurais eu besoin d'en apprendre plus sur le personnage pour le comprendre. Par contre, en quelques pages, à travers quelques dialogues, on saisit très bien la personnalité du clochard et malgré les gestes graves posés, l'auteur arrive à nous le rendre presque sympathique, du moins très humain.
Ça finit trop vite, j'en aurais voulu plus. Puis voilà, la chute. Le troisième homme que l'on commence à cerner au même moment que l'inculpé. J'ai dit moi aussi « Je sais ! » Enfin je croyais mais je n'avais pas tout compris. Très fort Monsieur Sard !
Par Mac, le 16 Janvier 2006
Une enquête qui paraît simple au départ, puisque des preuves indiscutables vont permettre de condamner un homme. Malgré cela, il refuse de parler et les circonstances de ce crime ne sont pas claires.
Au fil des années, de nouveaux éléments sont découverts, un deuxième homme est retrouvé.
Toujours en filigrane, ce doute quant au mobile de ces tueurs, une complicité illogique.
Une construction très originale, une écriture nette et efficace mais surtout pas simpliste : les mots sont justes et les idées et concepts qu'ils évoquent sont précis.
Un livre prenant.
Par Sophie, le 27 Décembre 2005
La Fille du Chemin du Puits m'a accompagnée pendant une grande soirée lecture, de bout en bout.
Je n'ai pas réussi à le lâcher avant de savoir le fin mot de l'histoire.
Pêle-mêle, j'ai beaucoup aimé le numéro d'Emile l'alcoolo au tribunal, quand il embrouille tout le monde en disant des choses pas si bêtes que ça tout compte fait...
J'ai aimé le déroulement du temps, l'originalité de la construction. On sent ce personnage principal de commissaire, pourtant très distancié du lecteur, préoccupé toute sa vie durant et jusqu'à la retraite par cette affaire non résolue. Ca donne une touche supplémentaire à un polar qui effectivement se base sur une histoire malheureusement "banale" : une fille violée et tuée.
Par ci par là, quelques accroches dans l'écriture m'ont gênée : la surabondance des points de suspension par exemple, c'est mineur sans doute, mais ça donne un ton traînant au début du récit.
Certains passages auraient peut-être aussi mérité un certain "élagage" : des considérations généralistes (presque lieu commun) sur les tueurs, l'apparence etc. apparaissent plusieurs fois, j'ai trouvé ça un peu pesant.
Rien de bien grave quoi.
Excellent bouquin, qui sait attraper son lecteur, le captiver et l'emmener jusqu'à une fin (presque !) insoupçonnable.
Par Zorro, le 8 Décembre 2005
Le crime "rural", j'adore.
Des livres comme L'Été Meurtrier ou Retour à Malaveil m'ont procuré beaucoup de plaisir. J'ai retrouvé de ça dans La Fille du Chemin du Puits de Hervé Sard.
Le point fort du roman, c'est l'histoire.
Une jeune femme est violée et assassinée.
Jusque là, rien de très novateur.
Mais, l'affaire ne se révèle pas aussi simple qu'il n'y parait. L'enquête piétine, les suspects sont trop visibles, les indices trop évidents.
Même si l'on sait dès le quatrième de couverture qu'il y a un troisième homme, l'intrigue tient toutes ses promesses. Et il faudra attendre l'avant dernière page pour savoir. Je vous défie de deviner qui est le troisième homme et quel est son mobile.
Où Hervé Sard a fait très fort, c'est qu'au lieu de situer l'affaire dans les années 50 et de faire de réguliers flash-back, il situe l'action de nos jours et se projette dans le futur. Le crime a lieu en 2004, son dénouement en 2050.
Le bémol.
Tout tient à l'histoire. L'auteur ne s'encombre pas de nous dresser un portrait des personnages ou du contexte. Il en ressort un manque de "visibilité" et de "ressenti" pour le lecteur. Avec cette dimension en plus, nous aurions un excellent opus.
Par Rémy Max, le 5 Janvier 2005
Lecture en trois temps. lecture rapide. Lecture agréable.
Hervé Sard nous promène agréablement dans un univers trempé, où la boue colle aux godasses. La trame est bien pensée, les personnages aussi. J'adore le début avec ce retour dans le temps. Le rythme est assez rapide, Hervé nous guide sans faire semblant vers la solution, pas de jeu du chat et de la souris, c'est tout en ligne droite. C'est un bouquin qui frise l'anorexie d'ambiance, je me suis demandé si le récit n'aurais pas gagné en qualité en étant plus étoffé, dans la construction des personnages, dans le jeu qui les lie ? Je me pose finalement encore la question ? Je ne suis pas certain qu'elle soit fondamentale... En revanche et c'est le seul bémol (il faut bien trouver un petit quelque chose n'est-ce pas ?) il m'a semblé lire dans ce roman les "indications" de l'auteur, quand Hervé conclut pour son lecteur au détour d'une phrase. Il ne me laisse pas douter, il dit à ma place : hum... c'est suspect. Mais bon c'est un pinaillage de base de ma part. sinon monsieur Hervé Sard est prié de plancher sur un autre titre !!!
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