Edition originale :
Editions Le Passage - Septembre 2005
Rééditions :
Dernière édition poche : Pocket - Août 2006
Autres éditions :
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En pleine nuit, au milieu de nulle part, un homme surgit et se fait renverser. À ses côtés, un sac rempli de billets. Voleur ? Trafiquant ? Peu importe. Deux millions d'euros, là, à portée de main. Aucun témoin. Que faire ? Appeler la police, ou disparaître avec l'argent ? Vigo et Sylvain, jeunes informaticiens au chômage, ne tardent pas à se décider.
Le lendemain, une fillette aveugle est retrouvée morte dans un entrepôt. Peu après, une autre est enlevée. Diabétique. Ses heures sont comptées.
Et si le magot n'était autre que la rançon destinée à sauver la vie d'une gamine ?
Depuis la nuit dernière, l'odeur avait encore empiré. L'infection ne se contentait plus d'imprégner les draps ou les taies d'oreiller, elle se diluait dans toute la chambre, tenace et nauséeuse. Une fois son tee-shirt ôté, la fillette l'avait écrasé sur son nez avant de nouer les extrémités autour de sa tête. Stratagème inefficace. Malgré la barrière de tissu, les molécules olfactives distribuaient leur poison invisible. Il est des fois où l'on ne peut rien contre plus petit que soi (...).
par Patrick Galmel, le 30 septembre 2005
Un prologue qui plonge immédiatement dans l'horreur la plus abjecte et pourtant, pas une goutte de sang, juste une fillette effrayée et quelques mouches... Mais quelle suggestion : ne rien montrer et tout dire, l'apanage du style.
Alors l'aventure commence, vive, et déjà Franck Thilliez a pris les rênes et embarque le lecteur dans un rythme fracassant. Les faits s'enchaînent, les intrigues se nouent, les personnages naissent, grandissent, se croisent, jusqu'à l'apparition d'une jeune brigadière de police qui va devenir le nœud central de toute cette affaire.
Lucie Hennebelle est fascinée par le mal, par les criminels, par les tueurs en série, elle engrange quantité de connaissances sur ces individus malsains, à la limite de la folie. Entrée dans la police, elle rêve "d'enquêtes dans des caves sombres, d'assassins intelligents" tout en restant cantonnée, vu son grade, à des tâches subalternes. Elle aspire au "profiling", c'est là sa passion, c'est là son talent. Elle sera bien servie !..
Franck Thilliez met en scène l'horreur, mais il sait l'inscrire dans un cadre, la faire vivre à travers des personnages qui ne tombent pas du ciel. Ceux-là sont des êtres humains, avec leurs problèmes du quotidien, leurs soucis, leurs bonheurs aussi, et c'est tout l'attrait, tout le "charme" qu'on doit reconnaître à cet auteur : intégrer les crimes les plus odieux dans une réalité proche, si proche que le doute s'installe, et la peur qui va avec. Et si c'était vrai ?..
Franck Thilliez suggère plus qu'il ne montre. Il s'adresse d'avantage à l'imagination de son lecteur, à son côté morbide, pour tendre les ressorts et l'entraîner, de fait, en toute subtilité, là où il veut bien le mener :
"Son regard tomba alors sur des irrégularités, au bas des parois (...). Des écorchures. Des dizaines de raies pourpres lacéraient les briques effrités. Entre les sillons, des restes d'ongles, de peaux séchées. On avait gratté. À sang." Sans doute plus efficace, cet "après-coup", qu'une description toute brute.
Mais l'auteur ne s'arrête pas là et nous gratifie d'une visite guidée de cette région qu'il affectionne et sait rendre attachante, malgré ses dehors austères, le Nord. À travers sa documentation, précise et variée, il nous offre une découverte de la taxidermie, des anatomistes des temps anciens, avant d'en finir par une réflexion, lors de la descente aux enfers finale, sur les tréfonds humains, ces déviances macabres de cerveaux malades et pourtant si proches de nous. Un très bon thriller...
Quelques pistes à explorer, ou pas...
Second roman de Franck Thilliez, La Chambre des Morts vient après un premier essai en forme de réussite qui mérite de même le détour et où vous pourrez faire la connaissance du commissaire Sharko qui pourrait bien devenir... personnage récurrent. Lisez donc Train d'Enfer pour Ange Rouge.
Bibliographie non exhaustive... Seuls sont indiqués ici les ouvrages chroniqués sur le site.
Vous pouvez, vous aussi, entamer ou poursuivre la discusion...
(sans note) Par P-Funk, le 17 Février 2008
J'ai donc lu ce roman avec attention. Ce n'est pas tous les jours que l'on rencontre le futur du polar français. Le peu que l'on puisse dire, c'est que la déception est à la hauteur de l'horizon d'attente. Un style en pièces détachées, une psychologie de bazar, une complaisance dans le glauque à la limite de la caricature, une fin téléphonée, un héros monolithique. Vraiment, si c'est le futur, moi, je vais me coucher...
Ce roman est pauvre, sans surprise, sorte de catalogue de la cruauté insipide.
bref, vous l'aurez deviné je n'aime pas.
Par André Toutou, le 16 Novembre 2006
Déception et ça me fait du mal de dire ça d'un auteur qui sait si bien faire parler les gens du Pas de Calais, la région de mes grands-parents.
D'ailleurs c'est ce que j'ai aimé dans le livre, l'exaltation de la région, des gens qui ont connu la mine, la description des rues aux façades de briques rouges toutes semblables, les soupirails aux grilles rouillées, les jardins ouvriers. J'y ai tout retrouvé, j'ai même ajouté les sucreries, les champs de betteraves, les cimetières militaires et les gares fignolées des chefs lieux de cantons. Cette partie là, je l'ai aimée.
En revanche, les poncifs du thriller, que Franck Thilliez a accumulé tout au long des pages - avec un talent indéniable certes - m'ont horripilé. Je ne vais pas les recenser là. J'ai trop de respect pour l'auteur. J'attends un autre livre de Franck. Une histoire plus simple - autour des gens simples du Nord - et plus ambitieuse à la fois. Plus personnelle.
Par Savvy!, le 17 Juin 2006
En pleine nuit, au milieu de nulle part, un homme surgit et se fait renverser [...]
Rien de bien neuf dans ce bout de phrase mais pour la suite de l'histoire attachez vot'tuque avec d'la broche !
On note déjà une évolution franche dans l'écriture de Franck Thilliez. Du moins dans la présentation des personnages, moins littéraires, plus humains aux caractères plus étoffés.
Tout comme pour son premier roman, l'auteur a conservé le même souci du détail et de la précision.
Peut-être encore un tout petit peu trop d'emphase sur les descriptions. Trop de figures de style donne comme résultat un texte recherché mais fait perdre parfois au niveau de l'émotion et donne un ton froid à certains moments.
À la décharge, jamais ça ne sonne faux ou forcé.
Malgré le sérieux de l'histoire, un peu d'humour parfois dans le texte. Ce moment où Vigo se présente à une entrevue d'embauche et où ses réparties ne manquent pas de piquant qui nous donne un petit moment savoureux et presque jouissif. Échec et mat, le roi est mort !
Un excellent thriller, une histoire originale, un récit captivant avec des personnages bien typés. De très bons moments de lecture et même de l'inattendu pour surprendre le lecteur.
Je dis et proclame haut et fort que ce livre compte parmi les très bons thrillers du genre que j'ai lu jusqu'à maintenant.
On comprend l'intérêt qu'il soulève déjà pour le cinéma. À la lecture, on visualise très bien le film à haute tension que ça pourra engendrer. Du bon, du très très bon roman à suspense.
Par Jukal, le 14 Juin 2006
Déception...
Je ne sais pas si c'est moi ou si c'est le bouquin mais il y a eu un grain de sable. J'ai aimé les deux romans de Franck Thilliez mettant en scène Franck Sharko, flic miné par des drames personnels. J'ai aimé et, du coup, c'est tout confiant que j'ai ouvert La chambre des morts , que j'en ai parcouru les premières pages, les premiers chapitres. C'est confiant que je me suis plongé dans cette histoire d'enlèvements d'enfant, de rançon... Mais au bout d'un moment, je n'ai pu que constater que la sauce ne prenait pas, que je ne me passionnait pas pour cette histoire. Peut-être que j'en attendais trop ?
Le style est toujours aussi bon, la construction toujours aussi travaillée. Peut-être que connaissant l'auteur, l'effet de surprise des rebondissements n'a pas fonctionné. Peut-être. C'était peut-être un peu trop parfois, l'épilogue m'a semblé inutile en tout cas, était-il besoin d'en rajouter encore ?
Je suis déçu de ne pas avoir aimé. Thilliez est pourtant un auteur que j'apprécie. Mais pas là.
Par Gropl, le 9 Mai 2006
Je viens de le finir. À mon gout, trop de surenchère gratuite dans l'horreur.
Par contre, j'ai bien aimé l'ancrage régional, les paysages, les champs d'éoliennes, l'odeur du pavé mouillé , la tension sexuelle de l'enquêtrice et les deux gars du nord qu'on dirait sortis tout droit d'un film des frères Coen. .
J'aime bien aussi le style et la construction.
C'est pas mon genre, mais ça vaut le coup d'être lu.
Par Zorro, le 29 Janvier 2006
Au travers de trois fils qui s'entrecroisent, Frank Thilliez échafaude une intrigue habile, diabolique, qui mènera le lecteur d'un simple fait divers, deux chômeurs en campagne punitive, jusqu'à l'horreur la plus abjecte dont le point culminant sera la découverte de la Chambre des Morts.
L'écriture est sobre, efficace, chaque phrase est ciselée pour livrer son lot d'images, d'ambiances ou d'horreurs, aucun mot n'est de trop. De plus, le roman est richement documenté sans que l'auteur ne sombre à aucun moment dans un déballage stérile de connaissances pointues.
Un seul bémol, certaines scènes m'ont fait penser à une adaptation libre du Silence des Agneaux.
Frank Thilliez nous livre ici un remarquable thriller qui le fait entrer par la grande porte dans la cour des Maîtres du genre.
Un succès de librairie amplement mérité.
Par R-Vosse, le 6 Novembre 2005
Lorient Paris en TGV. 4 heures de trajet. Ca peut être long.
Sauf si on a un Franck Thilliez comme compagnon... La Chambre des Morts . Brrr... J'aurais fait quoi à la place de Vigo et Sylvain ? Je ne sais pas. Comme eux ne savaient pas que la Bête rodait par là. Bizarre, la vie, parfois...
Difficile de résumer en quelques phrases les sentiments qui dominent après avoir lu un livre comme celui-là. C'est excellent, tout simplement. Juste un tout petit bémol en ce qui concerne la fin. Cette histoire de cicatrices et ce qu'il advient de Vigo... Avis perso : il y a un p'tit truc en trop.
Résultat : ce roman mérite un grand 4 étoiles. Et surtout d'être lu.
Par Archangell, le 3 Octobre 2005
Décidément je suis heureux d'avoir découvert cet auteur d'histoires noires... La psychologie des personnages est vraiment très soignée... Le style merveilleusement travaillé (bravo !). Un pur moment de plaisir et d'angoisse...
Par Marieca, le 2 Octobre 2005
Je viens de terminer La Chambre des morts. Waouh ! J'en suis encore sous le choc.
Je vous donne mes impressions à chaud comme ça : c'est incroyable comme on plonge dans l'ambiance du bouquin. On est incrédule face à la montée en puissance de l'horreur dans cette histoire. Le malaise vous poursuit après la lecture. Et pourtant, rien de gratuit là-dedans, tout est au service de l'intrigue, de l'enquête. J'ai l'impression d'avoir lu ce que Grangé aurait bien voulu écrire sans y réussir. C'est documenté, on sent une maîtrise absolue du sujet, de tous les sujets. Par exemple, même les rapports mère-enfant, ces sentiments qu'on a parfois du mal à expliquer sont rapportés ici avec une justesse incroyable.
Une réussite impressionnante.
Par Aramis, le 29 Septembre 2005
Quand j'ai vu le livre de Franck à la FNAC, j'ai eu un petit frisson dans l'échine. D'abord, parce que j'avais lu son prologue et que ça me plaisait beaucoup. Ensuite, parce que je ne suis pas particulièrement friande de ce type de lecture et que j'avais quand même un peu peur. Enfin, parce que voir, à la FNAC, un livre d'un auteur qu'on côtoie presque quotidiennement sur le Net, ça fait un petit effet.
Alors, j'ai acheté.
Et j'ai lu. Vite. Parce que du Franck Thilliez, ça se lit vite. Et bien.
L'intrigue est bien menée mais de plus il arrive à nous monter une seconde intrigue, intimement attachée au personnage principal, celle-là. Lucie. Lucie et ses angoisses, ses fascinations, Paul et ses bébés. Et cette étrange forme sphérique que l'on devine derrière son armoire aux vitres teintées. La magie noire aussi. Et pendant tout le livre on se demande ce qu'il est arrivé à Paul, vraiment, et ce que c'est que cette forme sphérique qu'elle refuse qu'on voit.
Et puis l'atmosphère... Les lieux mêmes... Ça donne la chair de poule. On sort du carcan humainement imaginable pour entrer dans l'esprit de La Bête, de l'innommable...
Et quand on referme le livre, on se sent encore là-bas, au milieu des terrils...
Par Vivianne, le 29 Septembre 2005
... Vu, lu, et approuvé... Voilà les mots qui me viennent à l'esprit à la lecture du livre La Chambre des morts.
... Ni remords, ni regrets... Encore une expression "toute faite".
Pourtant, c'est celle qui traverse également mon esprit après avoir déposé le roman de Franck Thilliez sur le coin de la table, près du fauteuil.
Tous les ingrédients d'un bon polar son rassemblés pour découvrir une énigme tortueuse. Toutes les explications sont fournies pour la résoudre.
Si vous voulez un avis, si vous suivez parfois les conseils trouvés sur le forum de Pol'Art Noir, celui-ci est certainement l'un des meilleurs que je puisse vous donner.
Par Mac, le 16 Septembre 2005
La curiosité est un vilain défaut : et bien non ! pas toujours. C'est avant tout cette dernière qui m'a poussé à acheter ce livre. Me voici bien récompensé, deux achats supplémentaires prévus pour profiter de nouveau de l'écriture de F. Thilliez.
Pour plus de précisions sur l'histoire, les personnages, les lieux, un petit tour sur son site sera le plus simple.
De la violence, de la torture, de l'horreur et malgré cela, chaque scène a sa place dans l'histoire. Le sentiment de surenchère, d'escalade dans le sordide, que je ressentais chez d'autres (et qui m'avait détourné de ce type de lecture) ne m'a pas effleuré. Peut-être, parce que l'enquêtrice est touchante, partagée entre sa vie personnelle et son métier, sa peur et sa fascination provoquées par ses découvertes...
Peut-être aussi et plus simplement, parce qu'il y a une grande qualité dans l'écriture : le vocabulaire est pointu dans certains domaines, mais les explications restent limpides et claires.
Pour ce très bon moment de lecture : merci encore !
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