Philippe Carrese Edition poche Edition originale note Philippe CARRESE

Trois Jours d'Engatse


Edition originale : Fleuve Noir - Mars 1995
Rééditions :
Dernière édition poche : Pocket - Avril 2002
Autres éditions :


Genre :
Polar loufoque / déjanté

Thème abordé :

Personnages :

Lieu :
Marseille

Époque :
Années 1990

Style :
Original
Humoristique

Poids du roman :
Moins de 250 pages



Si vous avez manqué le début (quatrième de couverture) :

"Engatse : c'est une embrouille grave... très grave, même pas une engambi... Non... Une engatse, voilà." Et encore si ça ne se passait pas à Marseille, on dirait que c'est un euphémisme, tant Bernard Rossi a basculé dans une bouillabaisse aux ingrédients des plus sanglants... Pourtant la vie de Bernard, un maçon du quartier de Frais-Vellon, était bien paisible jusqu'au jour où Milhoud vient s'encastrer en mob dans une pile de pont... Depuis cet accident, la mortalité dans les parages a fâcheusement augmenté. surtout quand Bernard se retrouve avec le cadavre du garde du corps d'un élu municipal sur les bras, et un carnet d'adresses très compromettant dans la poche. À Marseille, on ne plaisante pas avec la politique, et encore moins avec la mafia, si tant est que un plus un ne fassent pas deux... Mais quand Bernard Rossi s'en mêle, Frais-Vallon se transforme en vallée de la mort, et pour beaucoup, l'enfer n'est plus très loin...


Les dix premières lignes :

Hier soir, Milhoud s'est mangé le pont du zoo...
C'est Nordine qui m'a raconté... Nordine, c'est mon voisin du dessous. C'est un gentil garçon, Nordine, un peu turbulent, mais gentil.
Le grand jeu jusqu'à hier soir, c'était de prendre le boulevard Cassini en montant à fond la caisse et de rouler jusqu'à la pile du pont qui enjambe la rue. Quand tu arrives à la hauteur du pont, il y a une arche à droite et une arche à gauche, et le jeu, c'est de passer à gauche de la pile (...).


Un avis personnel :

par Patrick Galmel, le 31 août 2005

Milhoud s'est mangé la pile du pont avec sa mob, pas de chance. Le risque faisait partie du jeu, mais là, c'est vraiment pas d'bol, c'est le camion-poubelles qui lui a coupé la route... Dans la cité de Frais-Vallon, au nord de Marseille, on pleure l'adolescent turbulent : Nordine, son copain, sa famille, bien sûr, en premier lieu, voire même quelques connaissances du quartier, comme Bernard Rossi.
Le Frais-Vallon, c'est là que sont parqués les laissés pour compte à Marseille ; barres HLM sinistres en cours de réhabilitation ou en passe d'être détruites, c'est selon...
Bernard, le matin, avant de rejoindre son boulot de maçon, passe toujours boire un petit café chez sa voisine Mme Mostagonacci, corse et seule, comme lui. Mais ce matin-là, pas de réponse : la pauvre vieille s'est faite renverser par une bagnole de flics la veille au soir. Bernard, ça lui en a foutu un coup tout de même cette disparition, il en a pris sa semaine ; de toute façon, en ce moment, c'est pas la folle activité chez Sénéchal, son patron...
Bernard sait bien que ça ne lui apportera pas grand chose, mais il voudrait bien voir la gueule du condé qui a dégommé Mme Mostagonacci. Il apprend qu'il s'agit d'un certain Jo, connu comme délégué à la sécurité d'un "z'élu municipal" ; un garde du corps quoi, et aussi une caricature de beauf local :
"J'en ai croisé plein, des mecs comme lui, avec la gourmette, les deux chaines en or au cou, la chemise rayée ouverte jusqu'au nombril sur des poils qui sortent de partout, les deux boutons du ventre prêts à exploser sous la pression de l'estomac. (...) une odeur d'after-shave bon marché qu'il distribue généreusement à tour son entourage (...), une moustache à la gaulois d'avant les Romains, le déguisement complet..."
C'est le début d'une sacrée embrouille !..

Premier roman publié de Philippe Carrese, et déjà Marseille au cœur du spectacle avec, pointant derrière l'intrigue et le propos, un humour qu'il développera par la suite en donnant à ses récits le côté déjanté qu'on leur connait.
Pour cette première expérience, l'auteur est plus direct, moins enrobé, moins retranché derrière la dérision. Philippe Carrese commence par décrire la vie à Marseille à travers le regard quelque peu désabusé d'un de ses habitants emblématiques. L'ambiance de l'intrigue est aux élus corrompus, aux flics plus ou moins véreux, au racket des entreprises, comme quelque chose de plus ou moins "naturel" sous ces latitudes.
À travers la quête de Bernard Rossi, Philippe Carrese dresse le constat du fossé creusé entre les édiles politiques et leurs administrés, à Marseille comme ailleurs, mais peut-être à Marseille plus qu'ailleurs... Alors vient la vision désœuvrée, amère et triste de l'inéluctable déclin orchestré, à défaut d'être combattu, par ceux-là même censés modeler l'avenir de la ville :
"Quand tu la vois, tu te dis que c'est un des plus beaux endroits de la planète... Tu as la mer, le soleil, les collines, un climat formidable, des gens exceptionnels... Tu as tout ce qu'il faudrait pour que ce soit la capitale du monde... Sauf que, à l'intérieur, y a un mécanisme qui est mort... C'est foutu : la décrépitude ne se voit pas encore trop, le sida n'est pas encore trop visible, mais la mort est là... sous-jacente."
Comme une grosse colère...


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Le déclin de Marseille est un sujet traité par ceux-là même qui le vivent, trop évident... Lisez Jean-Claude Izzo, lisez Maurice Gouiran, entre autres...



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Bibliographie non exhaustive... Seuls sont indiqués ici les ouvrages chroniqués sur le site.


Filet Garni Le Bal des Cagoles Conduite Accompagnée Une Belle Histoire d'Amour

Ce qu'on en dit sur le forum de Pol'Art Noir :

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Par R-Vosse, le 2 Février 2006
Un polar "marseillais" mené tambour battant. J'ai apprécié les personnages et leurs expressions, la précision des descriptions : on s'y croit !
Plusieurs invraisemblances dans certaines scènes font un peu tiquer. La fin est tirée par les cheveux, mais on peut dire qu'elle est originale !
Un bon livre, qui m'a fait découvrir un auteur vers lequel je reviendrai.

Par Laurence, le 5 Décembre 2005
Voilà un livre que j'ai dévoré avec plaisir. J'avais déjà lu Conduite Accompagnée du même auteur, et j'ai retrouvé avec délice le parler du sud. Pour commencer, le petit lexique est à se tordre de rire. Et puis il y a l'histoire. Comme le jeune héros de Conduite Accompagnée, Bernard se retrouve mêlé à une histoire endiablée qui le dépasse totalement. Mais ce que j'apprécie le plus dans les romans de Carrese, c'est l'ambiance toute marseillaise qui y règne : la descrïption des rues, des habitants, les portraits brossés au couteau... J'ai ri aux éclats face à certaines situations.
Un bémol peut-être : la fin en queue de poisson. L'impression que l'auteur ne savait plus lui même comment terminer son histoire de fada.


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