traduction (américain) : Catherine Cheval (Galimard) - Bernard Cohen (Belfond)
Edition originale :
Gallimard / Série Noire - Janvier 1998
Rééditions :
Belfond - Novembre 2008
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Dernière édition poche : Folio Policier - Mai 2006
Autres éditions :
Gallimard / Série Noire - Août 2002
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(...) Ce récit d'un voyage au paradis des grands espaces australiens qui vire au cauchemar éveillé est un petit bijou. Nick, héros malgré lui de ce thriller féroce, n'avait rien contre ce pays avant d'écraser un kangourou par une nuit sans lune.
Sa rencontre avec la jeune et robuste Angie va le mener en plein cœur du bush. Au milieu de nulle part. Au sein d'un clan d'allumés coupés du monde, sans aucune route pour quitter ce traquenard. Nick, désormais, n'a qu'une seule obsession : comprendre ce qu'il fait là et sauver sa peau. Fuir alors que toute la communauté le surveille...
Jamais je n'avais vu une telle épidémie de tatouages. Pas un habitant de Darwin ne semblait y avoir échappé. Toute la faune du bar était taouée - y compris la strip-teaseuse, qui se brandouillait sur la scène en exhibant un vulcain rutilant sur la fesse gauche.
Pas vraiment pulpeuse, l'effeuilleuse. Une greluchonne, dans les trente ans à vue de nez - cinquante kilos toute mouillée, le sein anémique et la cuisse maigre. Et avec ça, l'air brouillée à vie avec l'existence - sans doute parce qu'elle était payée pour laisser une bande de bushmen toxiques lui reluquer la chatte (...).
par Patrick Galmel, le 10 septembre 2006
Darwin, Australie. Nick Hawthorne, journaliste américain de passage passe la porte d'un bar à bières et strip-teaseuses. Il est en partance pour le sud du pays avec le projet de le traverser de part en part ; trois mille kilomètres de désert.
"Jamais je n'avais vu un truc pareil : une île, presque aussi vaste que les États-Unis, avec, pour tout réseau routier, un fil rouge qui la coupait en deux du nord au sud."
La quarantaine, célibataire, sans attache ni grandes ambitions, Nick cherche à travers ce voyage à se prouver à lui-même qu'il peut mener quelque chose à son terme.
"Je n'avais aucune attirance pour les sphères supérieures du firmament journalistique. J'aimais mieux croiser à moyenne altitude. Là au moins, je ne risquais pas de laisser rogner les ailes de ma liberté."
"J'avais la quarantaine en vue et comme perspective d'avenir, un (...) boulot insipide dans un (...) canard insipide. À Akron, Ohio. Patrie du pneu Goodyear à carcasse radiale et de pas grand chose d'autre. Deux ans dans ce trou s'annonçaient aussi joyeux qu'une OD au formol. Pourquoi choisir l'option merdique une fois de plus ?"
Et voilà comment Nick se retrouve, ayant tout plaqué, dans ce bar de Darwin. Après avoir âprement négocié l'achat d'un Combi VW, il pousse jusqu'au bout de l'artère principale et s'engage, un désert devant lui.
Sauf que ce que chacun sait, sauf lui, c'est qu'on ne roule pas de nuit dans le bush sans croiser un 'rou... Première déconvenue !
Nick parvient tout de même, après quelques hésitations, au terme de sa première étape et croise là une jeune et solide australienne qui ne le laisse pas indifférent. Ils poursuivent la route ensemble, pour le meilleur, comme pour le pire...
La plume de Douglas Kennedy coule d'une encre réjouissante, et les considérations autour de la quarantaine et du bilan qu'elle impose à ce journaliste américain sont promptes à déclencher les sourires du lecteur. On ne s'ennuie pas dans cette lecture ! Le style est vif, la langue fleurie autant que directe et les dialogues régulièrement percutants.
Mais si on rit en tant que lecteur, ça n'est pas vraiment le cas de Nick, irrémédiablement piégé dans le trou du cul du monde par une bande de dégénérés.
On pourrait croire qu'il s'agit là d'une farce intelligemment menée, mais Cul-de-Sac n'est pas seulement cela. Le piège qui se referme sur Nick fonctionne aussi comme un miroir :
"On passe sa vie à se faire accroire que le travail qu'on s'appuie a une finalité supérieure - un but qui va bien au-delà du simple besoin de s'assurer le vivre et le couvert. Mais, au fond, on ne bosse que pour combler le vide des heures - pour éviter de se confronter à l'inanité de son existence. Le boulot est une drogue comme une autre."
Ou encore :
"J'étais un inconditionnel du temps perdu - le moyen idéal pour échapper aux obsessions qui font courir la plupart de mes contemporains du matin au soir : l'ambition, l'argent, l'amour, la famille. Tant de gens, autour de moi, parlaient de "construire leur avenir". Moi, je n'avais aucune envie de construire quoi que ce soit. Je faisais mon petit boulot, je gérais mes petite finances, je buvais de la bière, je sautais les filles qui voulaient bien se laisser draguer et je laissais le temps passer."
Au final, un roman plus profond qu'il n'y paraît de prime abord, où on rit beaucoup, parfois jaune, du malheur d'un pauvre bougre, en espérant que le même sort ne nous soit jamais réservé. Une réflexion sur la vie américaine, voire même la vie tout court...
Quelques pistes à explorer, ou pas...
Cul-de-Sac a fait l'objet en 1997 d'une adaptation cinématographique de Stephan Elliott (le réalisateur de Priscilla, Folle du Désert) sous le titre Welcome to Woop Woop (jamais distribué en France).
Dans le genre roman "déjanté", loufoque, hilarant, et irrésistiblement intelligent, pourquoi pas un petit tour du côté de Christopher Moore ?
En novembre 2008, paraît chez Belfond une nouvelle traduction du roman de Douglas Kennedy, signée Bernard Cohen, sous le titre Piège Nuptial.
Vous pouvez, vous aussi, entamer ou poursuivre la discusion...
(sans note) Par Txoa, le 10 Août 2007
Il est pas mal ce roman, de là à dire qu'il révolutionne le genre comme le laisse entendre la 4ème de couv', faut pas déconner. Juste un bon petit polar...
Par Freddie Noon, le 24 Juillet 2007
Cul-de-Sac, je l'ai ouvert comme une bouffée d'oxygène après un livre qui me portait sur les nerf. Faut avouer que ma respiration est assez rapidement devenue difficile : l'air chauffé, 40°C à l'ombre, le désert de latérite à perte de vue... ça coupe le souffle.
Un type ordinaire tombe en pleine farce. Mais il en est le dindon et ça ne lui plaît pas trop. De la farce, on a les personnages outrés, ces habitants de Wollanup, une communauté perdue dans son coin de désert, dans la bière et le tabac. Jolie galerie de portrait que la première rencontre de Nick avec les pater familias ! Ce qui m'a le plus fascinée dans ce court roman ? L'écriture de Kennedy qui dans la même phrase fait se côtoyer argot, néologisme et langage soutenu.
(sans note) Par Organiste, le 13 Mai 2007
C'est le seul bouquin de D. Kennedy que j'ai lu et ça m'a captivé de bout en bout : cette atmosphère glauque et crépusculaire, dans un environnement le désert australien qui n'a rien à voir certes à l'enfer décrit par Monsieur Dante Alighieri, mais qui pourrait être néanmoins une bonne description de ce que pourrait être l'enfer. On ne cesse de se demander quand et comment notre héros va pouvoir se tirer de ce véritable cauchemar.
Clichés, conventions, peut-être.. je ne sais pas, mais l'essentiel c'est que la sauce prenne. Et une mayonnaise qui a pris comme ça, y aurait que l'acide sulfurique pour arriver à l'entamer.
Par JuKal, le 12 Mai 2007
Cul-de-Sac est le premier roman de Douglas Kennedy. Et comme entrée en matière, il se frotte au polar. Et il y va à fond !
Il en respecte les codes, les poncifs. Ça peut paraître lourd ou jouissif. Un peu trop exercice de style ou magnifique exercice de style. Pour moi, c'est entre les deux, j'ai bien aimé comment il débute l'histoire, comment il la traîte... Mais son séjour au milieu de nulle part frôle parfois un peu trop la facilité.
Douglas Kennedy excelle tout de même dans la description de certains personnages, dans l'humour qu'il manie pas mal du tout.
Un polar à découvrir, un polar qui a ce sel de tous les premiers romans, on y découvre un écrivain en devenir. Celui-ci peut donner envie de voir comment il a ensuite évolué.
Par Willow, le 28 Mars 2007
Je viens de finir ce court roman... Et je suis d'accord avec ceux qui sont pour ! Pour moi, c'est un joyau de livre. Et quelle importance qu'il soit bourré de clichés dans la mesure où c'est justement l'objectif de l'auteur de forcer le trait ?.. J'ajouterai même que le fait de savoir à l'avance comment ça va se finir n'enlève rien à la qualité d'un bouquin... Peu importe la destination, c'est l'itinéraire qui compte en l'occurrence.
C'est le genre de livre dont on peut se dire en le lisant : tiens, ça doit être facile à écrire un truc comme ça... Et bien que nenni, c'est à mon avis tout l'art subtil de l'ami Douglas. Moi je dis chapeau, car c'est un super bouquin !!!
Par Michalon, le 2 Novembre 2006
Je crois bien ne pas être aussi emballé que la plupart d'entre vous (hormis La Loche !).
Y a un petit côté Délivrance dans ce livre, avec l'Américain nanti qui décide de se changer les idées en partant à l'aventure, en retournant au contact de la nature.
Les clichés se succèdent un peu trop (les débiles sont forcément débiles, moches et sales, les filles lubriques et nymphomanes, sauf la petite institutrice cultivée donc gentille, prévenante et mignonne) il n'y a pas trop de surprises, ni de suspens (on sait dès le départ comment ça va se terminer) mais... ça se lit bien, c'est bien écrit, et on sourit ! C'est déjà pas mal !
"un des meilleurs romans noirs de l'histoire du genre" précise la 4ème de couv de l'édition Folio... faut pas pousser quand même !
Pas un chef d'uvre mais un bon bouquin.
(sans note) Par La Loche, le 4 Octobre 2006
Pas réussi à dépasser les trois quarts, arrêté fin du chapitre sept. On dirait un exercice de style. Bourré de clichés polardeux et de considérations conventionnelles et rabachées sur la vie du genre pourquoi courir après le bonheur alors qu'il suffit d'allumer une cigarette pour toucher à la béatitude.... Chiant et convenu.
Par Sophie, le 30 Septembre 2006
Vraiment excellent. Le genre de polar qui se dévore d'une traite, sans même lever le nez. Le monde autour disparait, et il ne reste plus que ce décor trou-du-cul-du-monde australien, avec ses barjos alcooliques et ses dépeçages de kangourou.
Un bijou de drôlerie, une écriture fine et juste, des personnages excellents.
Par Geof, le 9 Août 2006
Une visite de l'Australie profonde, on comprend presque pourquoi cette île accueillait les prisonniers de la couronne britannique. Une humour grinçant, un soleil de plomb, et une histoire qui fait froid dans le dos.
Par Savvy!, le 22 Février 2006
M'arrive pas souvent de recommander un livre mais celui-là faut juste pas passer à côté.
Démarre pas sur les chapeaux d'roues et un peu une impression de déjà vu au tout début, mais ça dure pas longtemps.
De l'humour grinçant. Un livre marquant à lire absolument.
Par Gene, le 5 Décembre 2005
Une espèce d'ovni en effet dans la biblio de Kennedy, mais quel ovni ! Du noir de chez noir, avec un humour féroce ! Je l'ai lu il y a trois ou quatre ans, mais je sens encore la chaleur écrasante du désert australien, et je vois défiler les cadavres de kangourous! L'enfer !
Je me joins à vous pour le recommander !
Par Gemini, le 15 Novembre 2005
Rien à voir avec tout ce que Douglas Kennedy à écrit par la suite.
En tout cas c'est une plongée dans l'Australie par un drôle de bout de lorgnette ! Bourré d'humour. Et de bières !
Excellentissime.
Terrifiant l'aventure de ce pauvre Yankee paumé en Australie !
Des airs de Misery...
Beaucoup de références musicales (Mary had a little Lamb, Mozart, U2 ... j'en oublie des tonnes !)
Par Harry, le 14 Avril 2005
Douglas Kennedy nous montre un coté meconnu de l'Australie et du bush.
Comme quoi les Rita Mitsouko avaient raison "les histoires d'amour finissent mal, en général" mais bon, ce roman noir, teinté de rouge (sang) se laisse dévorer en quelques heures. Aprés cela vous ne mangerez plus de kangourou, ne prendrez plus d'auto-stoppeuse aussi mignone soit elle !!!
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