Dennis Lehane Edition poche Edition originale note Dennis LEHANE

Gone, Baby, Gone

traduction (américain) : Isabelle Maillet

Edition originale : Rivages / Thriller - Mars 2003
Rééditions :
Dernière édition poche : Rivages / Noir - Novembre 2007
Autres éditions : Rivages / Noir - Avril 2005Edition poche /


Genre :
Roman noir
Roman d'enquête

Thème abordé :

Personnages :
Détective privé

Lieu :
Boston

Époque :
Années 1990

Style :

Poids du roman :
Plus de 400 pages



Si vous avez manqué le début (quatrième de couverture) :

Patrick Kenzie et Angela Gennaro, les deux héros de Dennis Lehane, sont chargés de retrouver une petite fille de quatre ans, Amanda, mystérieusement disparue un soir d’automne.
Curieusement, la mère d’Amanda paraît peu concernée par ce qui est arrivé à sa fille qu’elle avait laissée seule le soir du drame pour aller dans un bar. Sa vie semble régie par la télévision, l’alcool et la drogue. Patrick et Angie découvrent d’ailleurs que la jeune femme dealait pour le compte d’un dénommé Cheddar Olamon et qu’elle aurait détourné les deux cent mille dollars de la dernière livraison. Olamon se serait-il vengé en kidnappant la fille de son "employée" ?


Les dix premières lignes :

Port Mesa, Texas
Octobre 1998
Bien avant que le soleil n’atteigne le Golfe, les chalutiers s’éloignent dans les ténèbres. Ce sont surtout des crevettiers, auxquels se joint parfois un bateau en quête de makaires ou de tarpons, et il n’y a pratiquement que des hommes à bord. Les rares femmes embarquées avec eux restent les plus souvent entre elles. Sur le littoral texan, ils sont si nombreux à avoir connu une mort terrible en deux siècles de pêche que leurs descendants et amis survivants estiment fondés leurs préjugés, leur haine des concurrent vietnamiens, leur méfiance envers toute représentante du sexe opposé prête à accomplir ce travail repoussant, à manipuler dans le noir des câbles épais et des crochets capables de déchirer la chair (...)


Un avis personnel :

par Patrick Galmel, le 12 février 2007

Patrick Kenzie et Angie Gennaro sont confrontés à la disparition inexpliquée d’une petite fille de quatre ans, Amanda, que sa mère avait laissée seule pour aller voir une amie.
D’ailleurs, c’est bizarrement le frère de la mère qui requiert l’aide des détectives, elle-même ne semblant pas vraiment concernée par cette histoire...

Dennis Lehane pose d’emblée le thème de son roman — les disparitions d’enfants au États-Unis — en dévoilant des statistiques aussi monstrueuses que réelles : huit cent mille cas traités tous les ans ; parmi eux les fugues, les enlèvements de proximité, mais au final une moyenne de trois cents affaires restant irrésolues et les disparitions inexpliquées. Aucune trace, aucune nouvelle. Quasiment un enfant par jour ! C’est autour de ce constat alarmant que se construit Gone, Baby, Gone.

La première partie du récit s’attache à la description de la mère de la petite Amanda, tout droit sortie de l’Amérique d’en-bas, à son inconséquence, sa volonté farouche de se voiler la face, de refuser le monde tel qu’il est en s’abrutissant de drogues diverses : télévisuelles ou psychotropiques. Dennis Lehane montre à travers elle une frange de la population américaine déconnectée de la réalité, sorte de zombie abrutie, mais qui n’en continue pas moins à perpétuer les habitudes, à faire des enfants pour les abandonner à eux-mêmes.
Puis vient le temps de plaquer une intrigue sur cet état de fait et l’auteur nous entraîne alors sur le terrain des trafics, des dealers, oubliant pour un temps l’enfant, la mère. Et c’est justement ce qui pêche, qui surprend, dans cet opus, cette impression de juxtaposition. Dennis Lehane connaît son affaire, il sait mener un récit et l’a prouvé à de multiples reprises ; autant dire qu’on ne s’ennuie pas, mais c’est comme s’il y avait deux textes dans ce romans, deux entités qui ont du mal à se marier, ne réussissant qu’à se chevaucher.
Au final, les ingrédients qui font la qualités des romans de Lehane sont bien présents : on en apprend toujours un peu plus sur le couple Kenzie / Gennaro, sur leur aventure "amoureuse" ; sa description de la société américaine est parfaitement crédible ; les personnages sont construits avec rigueur ; l’intrigue est solide. Manque juste le lien véritable entre tous ces éléments.


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Quelques pistes à explorer, ou pas...

Un trois étoiles sévère (qui doit se lire au regard du reste de la production) qui ne vous empêchera pas, je l’espère, de découvrir ou de poursuivre les aventures du couple de détectives Patrick Kenzie / Angie Gennaro qui demeure tout de même une référence en la matière.

À propos des enfants et du traitement qui leur est parfois réservé, pourquoi pas une incursion francophone en compagnie de Thierry Jonquet et de son terrible Moloch.



Du même auteur :

Bibliographie non exhaustive... Seuls sont indiqués ici les ouvrages chroniqués sur le site.


Un Dernier Verre avant la Guerre Ténèbres, Prenez-moi la Main Sacré Mystic River Shutter Island Prières pour la Pluie

Ce qu'on en dit sur le forum de Pol'Art Noir :

Vous pouvez, vous aussi, entamer ou poursuivre la discusion...

Par Freddie Noon, le 29 Août 2007
Gone, Baby, Gone, sujet grave que celui de l’enfance, de la construction d’un être, du rôle passif ou actif des adultes dans ce processus. Sujet grave et épineux que celui du jugement, de la justice, et de qui peut le rendre, sur quels critères et avec quelles légitimités.
A nouveau, Lehane plonge son couple d’enquêteurs dans l’horreur. A nouveau, sa réponse est une absence de réponse, une défiance quasi absolue aux êtres humains, une impossibilité déstabilisante de distinguer ce qui est juste, ce qui est bon, de leurs contraires.


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