Paul Colize Edition originale note Paul COLIZE

Le Seizième Passager


Edition originale : Seff Editions - Mars 2002
Rééditions :
Dernière édition poche :
Autres éditions :


Genre :
Roman d'enquête

Thème abordé :
Trafic
Complot

Personnages :
Flic
Journaliste

Lieu :

Époque :
Années 2000

Style :
Original

Poids du roman :
250 à 400 pages



Si vous avez manqué le début (quatrième de couverture) :

Novembre 1974, Allemagne de l'Ouest.
Quinze personnes sont froidement assassinées dans la navette qui relie l'aéroport de Francfort et la ville de Darmstadt. Quinze cadavres, mais pas le moindre indice. La police se résigne à classer l'affaire.
Décembre 1999, France. Un courrier électronique énigmatique pousse Jacques Duclos, journaliste d'investigation, à reprendre l'enquête. Au départ des camps nazis jusqu'aux complexes scientifiques les plus futuristes. De Paris à l'Afrique du Sud, en passant par Barcelone et Milan.
Quelles sont donc ces pratiques, réservées aux grands de ce monde, qui justifient de tels bains de sang pour préserver leur clandestinité à travers le temps et l'espace ?


Les dix premières lignes :

L'homme posa sa main gauche à plat sur la table, doigts bien écartés, et s'empara du poignard dont la lame effilée se terminait par une pointe acérée. Il avala une longue goulée d'air et entama son entraînement matinal.
La manœuvre consistait à ficher la lame dans le bois, le plus près possible de la jonction entre le pouce et l'index, à revenir au point de départ situé à hauteur du poignet, à marquer ensuite l'intervalle entre l'index et le majeur, à regagner le point de départ, et ainsi de suite. Aller, retour, aller, retour, le tout étant exécuté à une vitesse vertigineuse, en changeant à chaque début d'exécution l'ordre de visite selon un plan bien établi au préalable.
Le bruit que générait l'opération faisait penser à une dactylographe exécutant consciencieusement ses gammes sur son instrument de travail (...).


Un avis personnel :

par Patrick Galmel, le 31 août 2005

Francfort, 12 novembre 1974. Franz Müller prend l'autoroute ce matin-là sous le brouillard pour rejoindre un rendez-vous professionnel distant d'une centaine de kilomètres. En chemin il fait une pause pour soulager sa vessie du café clairet préparé par sa femme Hilde. Intrigué par la présence incongrues d'un car tournant au ralenti sur le parking, il s'approche et découvre à l'intérieur du véhicule un véritable carnage avant de s'enfuir sans demander son reste.
Journaliste free lance, Jacques Duclos participe à un concours de tir au char d'assaut en espérant pourvoir vendre son article à quelque hebdomadaire parisien à sensation. Justement, alors que les manœuvres se terminent, il est joint par le rédac' chef de Paris-Flash qui l'envoie d'urgence couvrir un scoop de première : une quinzaine de cadavres abattus au pistolet mitrailleur retrouvés dans un car sur une aire d'autoroute allemande. Il n'est qu'à quelques kilomètres et s'il pouvait, en prime, ramener quelques clichés sanguinolents, ce serait encore mieux !..
New York, aéroport JFK. Sophie Lazowska embarque sur le premier vol pour Francfort, elle vient d'apprendre que son père est mort durant son voyage en Allemagne, en quête d'une vérité qu'il poursuivait "secrètement" depuis des années...
C'est Franck Dehm, directeur de la Kripo locale, qui est chargé de l'enquête. Deux jours après la fusillade, toujours rien : aucun indice, aucune revendication, aucune piste, et aucun de ses valeureux adjoints n'a d'idée lumineuse qui ferait avancer les choses. C'est donc lui qui émet l'hypothèse la plus prometteuse : il n'y a qu'une seule victime, les autres ne sont que des dégâts collatéraux.
Vingt-cinq ans plus tard, Jacques Duclos et Sophie Lazowska, qui se sont rencontrés au moment du drame, sont mariés. Lui est devenu un spécialiste des grands crimes médiatiques non élucidés et écrit un bouquin sur chaque affaire qu'il traite : Kennedy, Marylin, Dominici... Jusqu'au jour où il reçoit un mail, signé Larowski, dont l'auteur s'accuse d'être l'assassin, en novembre 1974, du père de Sophie...

Paul Colize pose les pièces de son puzzle tranquillement sur la table. Chacune a un léger rapport avec la précédente, avec la suivante, ou pas. Chacune est déjà un début d'aventure, une promesse de lendemain, de cohérence... Puis, naturellement, ce puzzle commence à s'organiser autour de deux groupes distincts. On passe de l'un à l'autre, sans jamais perdre le fil, mais en pestant parfois contre l'auteur qui s'amuse et se joue de notre impatience à chaque chapitre.
Quelques pièces restent encore à l'écart, mais on se doute bien qu'elles ne tarderont pas à rentrer dans le rang et à trouver leur place ; Paul Colize est un homme qui ne joue pas avec la logique...
Autour d'une intrigue savamment construite et patiemment documentée, l'auteur compose une somptueuse galerie de personnages secondaires qui viennent, tout à tour, agrémenter son récit. Chaque apparition ou presque est l'occasion de brosser un portrait d'une précision réjouissante : Paul Colize est un témoin attentif et perspicace de ses congénères. Il sait, en quelques lignes à peine, en extraire la substantifique moelle et nous la resservir à sa sauce.
Voyage dans le temps, dans l'espace et dans l'Histoire, qui prend sa source dans les laboratoires installés par les nazis dans les camps de concentration durant la seconde guerre mondiale, dans les expériences qui y furent menées, soit en terme de "purification" de la race, soit pour tenter de prolonger sa longévité ; un roman dont les ramifications passent par l'Argentine des colonels, par le Canada, par l'Afrique du Sud, par une bonne partie de l'Europe... et par de sombres trafics d'organes protégés par des organisations très puissantes et très secrètes...
Une vraie belle maîtrise de la construction qui rend la lecture addictive et qui sait, à travers de très courts chapitres, aspirer son lecteur vers un final où point l'émotion. Un réel plaisir de lecture !..


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Quelques pistes à explorer, ou pas...

Si jamais vous avez le bonheur de tomber sur un roman de Paul Colize, attention à vous : ouvrez-le et vous aurez alors bien du mal à savoir comment vous en tirer. Le refermer après en avoir terminé au plus vite... c'est une solution, mais c'est aussi une frustration ; celle d'avoir sans doute manqué quelque passage en l'appréciant à sa juste valeur... Faire trainer la lecture en longueur, doser homéopathiquement le plaisir... oui, mais quid du rythme imposé par l'auteur si vous le passez à la moulinette du ralenti ?..

La solution, c'est d'en ouvrir un second, puis un troisième... tant qu'il en reste... Clairs Obscurs fait partie de ceux-là, et ne manquez pas Quatre Valets et une Dame !.. L'addiction à parfois du bon.



Du même auteur :

Bibliographie non exhaustive... Seuls sont indiqués ici les ouvrages chroniqués sur le site.



Ce qu'on en dit sur le forum de Pol'Art Noir :

Vous pouvez, vous aussi, entamer ou poursuivre la discusion...

Par Michalon, le 15 Septembre 2007
L'avantage (ou l'inconvénient ?) de chroniquer en retard c’est que tout ou presque a déjà été dit...
Sur la construction magistrale, qui multiplie les lieux, les personnages et les époques. (Entre nous, le Jacques Duclos, il doit avoir une carte d’abonné chez Air France et au Télépéage !). Si cet éclatement déstabilise un peu au départ, on s’habitue très vite à cette gymnastique qui, petit à petit, nous conduit au cœur (!) de cette sombre affaire.
Sur la recherche documentaire, tant historique, géographique, que scientifique, qui est vraiment, vraiment impressionnante. Grangé peut aller se rhabiller !
Sur le suspense entretenu par la densité de l’intrigue touffue et la succession de chapitres très courts (quatre ou cinq pages maxi). On se surprend d'ailleurs souvent à dire : bon allez, encore un, un dernier...

Ma seule petite réserve (désolé, j’en ai toujours !) tient au style. C’est sans doute parce que j’ai lu Sun tower en premier et que l’auteur s’est depuis fait la main, mais là je trouve certaines tournures un peu alambiquées, avec la recherche de synonymes trop sophistiqués, et quelques dialogues qui manquent parfois de crédibilité. (Le journaliste qui échappe à une tentative d’assassinat mais qui prend le temps d’oublier cette affaire qui le dépasse autour d’un dîner romantique avec sa tendre et chère). Mais là encore ce ne sont que des détails par rapport à la qualité de l’ensemble.

Si j’imagine bien l'auteur dresser son plan comme son héros, sur une grande feuille de papier cadeau... avec cet ouvrage, c’est bien plus que l’emballage qu’il nous offre !

Par Gilles Guillon, le 14 Octobre 2006
Je viens de lire Le Seizième Passager et je confirme ce qui a été dit précédemment. Paul Colize manie très bien le suspense avec cette histoire complexe, ou plutôt ces histoires qui semblent étrangères avant de converger vers une issue inattendue.

Par Le Cafuron, le 22 Novembre 2005
Paul Colize entraîne son lecteur dans les aventures d'un journaliste-écrivain rattrapé par le temps, contraint de réagir face à une histoire qui l'avait dépassé quelques années plus tôt. Mais qui lui avait valu de rencontrer celle qui devait devenir son épouse. Une affaire menée à un train d'enfer, des chapitres courts aux titres particuliers, (mais là, il faut lire le livre pour savoir !) des personnages qui auraient pu être des caricatures, mais que l'auteur a su humaniser au point de les rendre crédibles, une affaire qui se dessine petit à petit, des témoins qui nous claquent dans les doigts, des résurgences historiques. Paul Colize a encore commis là un polar qui nous tient en haleine du début à la fin, aux rebondissements incessants. À tel point que l'on se demande si cette enquête prendra fin un jour, tant les pressions exercées sont fortes. Trop fortes même, et l'on se surprend à se dire : "Il n'y arrivera pas..." Car il n'est pas question ici de super héros à l'américaine capable de vaincre le vice, la corruption, la conspiration, les réseaux internationaux. Non,  Jacques Duclos (!) n'est pas un super héros, il est, tout simplement, humain. Et il est bien entouré !

Par R-Vosse, le 7 Janvier 2005
Une succession de courts chapitres qui au départ semblent être issus de différentes histoires. Succession aussi de lieux, d'époques et de personnages : on se doute bien qu'il y a un lien, mais lequel ? Quel rapport entre les camps de concentration, un massacre des années plus tard dans un bus et une superstar de la fin du vingtième siècle ?
Ce qui fait la force de ce livre c'est cette convergence progressive, par petites touches, jusqu'à la vérité. C'est aussi une variété de personnages attachants, souvent hors normes mais que l'on sent bien réels. Le tout est parfaitement documenté.
Le Seizième Passager procure un très bon moment de lecture.


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