Ken Bruen Edition poche Edition originale note Ken BRUEN

Delirium Tremens

traduction (anglais) : Jean Esch

Edition originale : Gallimard / Série Noire - Novembre 2004
Rééditions :
Dernière édition poche : Folio Policier - Juin 2006
Autres éditions :


Genre :
Hard Boiled
Roman d'enquête

Thème abordé :
Serial Killer

Personnages :
Détective privé

Lieu :

Époque :
Années 2000

Style :
Original

Poids du roman :
250 à 400 pages



Si vous avez manqué le début (quatrième de couverture) :

Il n’y a pas de détectives privés en Irlande. Les habitants ne le supporteraient pas. Le concept frôle de trop près l’image haïe du mouchard. Jack Taylor le sait. Viré pour avoir écrasé sciemment son poing sur le visage d’un ministre, cet ancien flic a gardé sa veste de fonction et s’est installé dans un pub de Galway. Son bureau donne sur le comptoir. Il est chez lui, règle des broutilles, sirote des cafés noyés au brandy et les oublie à l’aide de Guinness. Il est fragile et dangereux. Une mère qui ne croit pas au suicide de sa fille de seize ans le supplie d’enquêter. « On l’a noyée » sont les mots qu’elle a entendus au téléphone, prononcés par un homme qui savait. De quoi ne plus dormir. Surtout si d’autres gamines ont subi le même sort. Surtout si la police classe tous les dossiers un par un…


Les dix premières lignes :

Il est quasiment impossible de se faire renvoyer de la Garda Siochana. Il faut vraiment y mettre du sien. Tant que vous ne devenez pas un objet de honte, ils sont prêts à tolérer presque n’importe quoi.
J’avais atteint la limite. Plusieurs mises en garde, avertissements, dernières chances, sursis.
Et je ne m’améliorais toujours pas.
Je ne dessoulais pas non plus. Ne vous méprenez pas : les gardai et l’alcool entretiennent une vieille relation, presque amoureuse. À vrai dire, un garda abstinent, est considéré avec méfiance, quand ce n’est pas avec une totale dérision, à l’intérieur et à l’extérieur de la police.
Mon supérieur à la caserne de formation disait :
« On aime tous boire une pinte (...) »


Un avis personnel :

par MacOliver, le 03 septembre 2007

L’alcool est le compagnon de route de Jack Taylor. À deux, ils ont pris des routes peu recommandables. Ces routes ont mené Jack à la perte de son boulot de flic. Trop incontrôlable. Réfugié dans un box du Grogan’s, son pub favori, il écluse. Il attend. Les petits boulots principalement. Gagner assez pour filer à Londres. C’est son projet.
Ann Henderson a perdu sa fille Sarah à seize ans. La police a retrouvé son corps dans la jetée Nimmo. Noyade. Suicide d’ado conclut l’enquête. Ann fait appel à Jack suite à un appel anonyme qui lui annonce que sa fille a été noyée.
Jack traîne une réputation d’alcoolique notoire et s’étonne que l’on puisse faire appel à lui pour une affaire aussi importante. Certes on le dit doué, mais d’habitude il se contente de ne démêler que des petits problèmes. Mais là, un meurtre maquillé en suicide. « On dit que vous êtes doué car vous n’avez rien d’autre dans votre vie. »

Chaque livre de Bruen est un régal. Une fois encore je ressors comblé de cette lecture. Il y a tout. L’ambiance est bien campée : Galway, la pluie, les pubs. Des personnages attachants et hauts en couleur : Cathy B. l’assistante, Sean le patron du Grogan’s, Padraig le chef des clodos. Et une histoire qui vous prend à bras le corps, et ne vous lâche pas. Bruen vous trimbale avec Jack dans ses beuveries, ses gueules de bois, sa cure de sevrage. On souffre avec lui. C’est très intense.

C’est très noir aussi. Pas d’échappatoire :
« Pourquoi êtes-vous alcoolique ?
— Qu’est-ce qui vous fait croire que j’ai le choix ? »


Taylor est rempli de désespoir. Les blessures qu’il traîne ne cicatrisent pas. Pas de rédemption possible.
La solution pour Jack ? Elle n’existe pas :
« (…) Elle me donnait l’impression d’être meilleur que je le suis.
— C’est une sensation agréable.
— Mais j’ai tout foutu en l’air.
— Pourquoi ?
— Parce que c’est ce que je fais le mieux.
— C’est pas une réponse.
— Je pourrais dire que c’est l’alcool, mais c’est faux. Il y a un bouton autodestruction en moi. J’y reviens sans cesse.
— Tu peux changer.
— Je ne suis pas sûr d’en avoir envie. »


Il est des rencontres avec des auteurs (et leurs livres) qui vous bouleversent. On se demande comment on pouvait être passé à côté d’eux depuis si longtemps. C’est le cas pour moi avec Ken Bruen. Une révélation ! Découvert par hasard (R&B – Blitz), je suis devenu fan. À chaque livre, le plaisir est renouvelé, intense et pénétrant. On ne reste pas indifférent à ses polars.

Encore un coup de génie ! Quelle maestria ! Mon auteur fétiche de cette année 2007 !


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Quelques pistes à explorer, ou pas...

Ken Bruen mène deux séries : R&B et les enquêtes de Jack Taylor.
Delirium Tremens est la première enquête du privé Jack Taylor. Les autres sont Toxic Blues et Le Martyre des Magdalènes. Univers irlandais et très noir.
Si vous avez aimé :
- Le côté sombre de Jack Taylor : David Peace, Robin Cook, Jake Arnott ;
- L’ambiance irlandaise et les pubs : John Williams.
Vous pouvez aussi découvrir le côté plus décalé de Ken Bruen avec R&B : Le Gros Coup, Le Mutant Apprivoisé, Les Mac Cabées et Blitz. Les chroniques d’un commissariat londonien.



Du même auteur :

Bibliographie non exhaustive... Seuls sont indiqués ici les ouvrages chroniqués sur le site.


R&B - Le Gros Coup Toxic Blues R&B - Le Mutant Apprivoisé Le Martyre des Magdalènes
Hackman Blues

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Par Freddie Noon, le 11 Octobre 2007
Ce livre m'a paru en dehors de toutes les règles du polar. L'intrigue y est un lien discret. Les phrases sont droites, directes, sans fioritures. Les dialogues sont un jeu verbal abouti qui participent de la nervosité du texte. Un texte qui se compose de très courts chapitres lesquels sont autant de scènes, et forment au fur et à mesure une mosaïque, belle et lasse, pluvieuse et réconfortante.
Désenchanté, elliptique, poétique.


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