Franck Membribe Edition originale note Franck MEMBRIBE

Ultime Tercio à Salamanque


Edition originale : Mare Nostrum - Juin 2007
Rééditions :
Dernière édition poche :
Autres éditions :


Genre :
Roman noir

Thème abordé :

Personnages :
Quidam / autre

Lieu :

Époque :
Années 2000

Style :

Poids du roman :
Moins de 250 pages



Si vous avez manqué le début (quatrième de couverture) :

Ana, serveuse dans la bodega d'un village de la Castille profonde, mène une existence morne, coincée entre son patron de mari et une belle-mère acariâtre. Mais tout bascule quand elle croise Laurent Clopt, ingénieur français idéaliste, qui, en mémoire du martyre de sa grand-mère et sous prétexte d'un chantier d'éoliennes, va réécrire l'histoire tronquée des notables de la sierra de Frades, âpre terre d'éleveurs de taureaux.
Décidée à rejoindre celui qui passa comme une comète dans sa vie, Ana se lance, entre Salamanque et Marseille, dans un road-movie salutaire aux relents nauséeux du franquisme.
Dans ce roman noir sans concession, Franck Membribe nous livre sa vision de l'Espagne. Et le "toromachisme" en prend pour son grade !


Les dix premières lignes :

Énergie propre. Modernité. Les mots étaient lâchés. Incongrus sur ce promontoire isolé en mer de Castille. Castille la vieille. La profonde. Rétive aux invasions. Sourde aux clameurs frivoles de la ville.
Des éoliennes sur la sierra de Frades !
Ana se souvient. Le conseil municipal en séance publique. La centaine d'habitants rassemblée sur la place d'Espagne. Scindée comme il se doit. Partisans, opposants, indécis. Invectives nourries d'antagonismes ancestraux. Une terre d'élevage ne porte pas de moulins à vent ! Qu'ils aillent les planter chez les cultivateurs de la Nava ! Pourquoi refuser le progrès, une nouvelle route, de l'argent frais pour la restauration de l'église (...)


Un avis personnel :

par Patrick Galmel, le 05 septembre 2007

Elle n'en a pas supporté plus Ana. De son restaurateur de mari, Fernando, de ses clients machos aux mains légères. La soupière a fini sur le crâne du patron et elle a rendu, jeté, son tablier. Définitivement. Il lui reste à récupérer sa fille Inès, trisomique, placée dans une institution à Salamanque, et à disparaître.
Ana va fuir vers la France, mais sans sa fille. Elle part à la recherche de celui qui a déclenché tout ce remue-ménage, Laurent Clopt, jeune ingénieur venu installer quelques mois plus tôt un champ d'éoliennes sur les terres ancestrales des éleveurs de toros...

Dans sa préface, Franck Membribe évoque la découverte de ses origines espagnoles et comment celles-ci sont devenues le point de départ de ce roman. Et en effet, c'est bien l'Espagne qui est au cœur de cet Ultimo Tertio.
À travers une construction sophistiquée et une double narration, l'auteur nous livre ses impressions quant à ce qui constitue aujourd'hui l'identité espagnole, ou au moins celle d'une de ses provinces, la Castille.

Il sera question de tauromachie bien sûr, de ceux qui la défendent en la présentant comme un art comme de ceux qui la combattent ; il sera question de valeurs chrétiennes fortes et parfois mises à mal ; il sera question de la guerre civile, des ravages laissés derrière elle et de l'héritage franquiste, quasiment omniprésent dans les mémoires. Franck Membribe explore.
Mais si l'Espagne est au cœur du roman, il en est de même pour les deux personnages qui l'habitent, chacun à leur quête : Laurent, à la recherche de son passé, et Ana, qui tente de le fuir pour un avenir. Et c'est toute l'histoire d'un pays qui résonne avec ces deux êtres.
Franck Membribe nous livre aussi un roman plein d'émotion, voire de tendresse lorsqu'il évoque la fille dAna, Inès :

« — Une princesse. De sang royal. Gengis Khan, tu en as entendu parler. C'était le chef des Mongols. Ses descendants sont tous malades soi-disant. La cruauté de leur ancêtre s'est transformé en une gentillesse extrême qui les rend inaptes à se débrouiller tout seuls. Ils n'en finissent plus de payer pour des crimes qu'ils n'ont pas commis.
— C'est pas plutôt une histoire de chromosomes ?
— Des chromosomes ? Si on veut. »


L'écriture est fière, racée, exigeante, pour un superbe résultat.
Un livre qu'on referme délicatement. Un roman noir avec des tripes, de l'émotion, de l'intelligence, de ceux qui restent en tête, longtemps et qui, comme le souhaite l'auteur, font réfléchir, un peu...


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Quelques pistes à explorer, ou pas...

Franck Membribe aime les voyages et livre au retour à sa plume ses impressions.
Il en est ainsi de ses précédents romans : Cubaine évoque Cuba, tandis que Timgad se passe en partie en Amérique du Sud.



Du même auteur :

Bibliographie non exhaustive... Seuls sont indiqués ici les ouvrages chroniqués sur le site.


Cubaine (L'Ouverture Cubaine)

Ce qu'on en dit sur le forum de Pol'Art Noir :

Vous pouvez, vous aussi, entamer ou poursuivre la discusion...

Par Michalon, le 6 Avril 2008
Mon premier Membribe et une très bonne surprise !

Un lieu (la Castille) et un thème (la tauromachie) que je ne connaissais pas, mais que j’ai découvert avec intérêt et plaisir.
C’est très bien documenté, très bien écrit (le style épuré coule tout seul), et parfaitement construit : je trouve que l’alternance passé-présent apporte vraiment au récit.

Y a peut-être quelques raccourcis et quelques coïncidences heureuses (Djamila et son scooter arrivent vraiment pile-poil) mais ce n’est pas ce qui m’a le plus titillé.
Ce qui m’a un peu laissé sur ma faim, c’est la fin justement, pas que je sois un fan des happy-end mais là, j’ai trouvé que c’était un peu « trop ».
Quand on comptabilise, à ce niveau, c’est plus la scoumoune qu’elle a Ana !

Je taquine, mais sérieusement j’ai beaucoup aimé et, comme Mac, suis déçu que tu l’aies pas fait un peu plus long ton Finger.

(sans note) Par Gropl, le 7 Octobre 2007
Je l'ai lu d'une traite, comme le précédent, c'est donc que c'est pas mal. L'histoire, bien que, quand même, tirée par les cheveux avec des rebondissements douteux (l'évasion par la fenêtre des chiottes, la rencontre avec Djamila, c'est pas sérieux, franchement, j'ai pas douze ans), bénéficie d'un bon découpage, ça rend la lecture agréable.
Ceci dit.
Les sales histoires de la guerre, il y en a dans tous les villages, dans toutes les familles espagnoles, du coup, celle du narrateur me parait un peu déplacée, au vue de la douleur de ce pays. Remuer tout ça en y mêlant des propos fortement discutables dur la tauromachie (pourquoi écrire là-dessus pour considérer cela comme un truc de paysans arriéré, et pourquoi utiliser la guerre d'Espagne pour appuyer le propos ?), je trouve pas ça terrible de mélanger les genres, ou alors, avec un peu plus de gravité, de profondeur et surtout de sérieux (parce que l'idée est bonne, intéressante). Parce qu'au fond, je comprends pas ce que l'auteur veut dire : Les espagnols sont des arriérés ? La tauromachie c'est pas bien ? la trisomie c'est triste ? (oui parce que l'utilisation répétée du mot mongolien, c'est un peu lourd, même si le héros est gentil (enfin, je sais pas si il est vraiment gentil). Bref, ça manque de logique, de recul et de subtilité.

Par Mac, le 13 Juillet 2007
Ana est serveuse dans la Bodéga de son mari dans un village de la Castille profonde. Elle croise Laurent, ingénieur, chargé de mettre en place un champ d'éoliennes.
Le boulot n'est pas la seule motivation de son déplacement en Espagne, il s'intéresse aux élevages de taureaux, à l'histoire de cette petite ville pendant la guerre civile.

L'aventure d'Ana se mêle à celle de Laurent et de ses recherches, un récit qui n'est pas linéaire mais suffisamment bien construit pour ne pas se perdre dans le temps et les lieux.
Le milieu de l'élevage est largement évoqué mais sans lourdeurs, sans démonstrations de savoir et de connaissances.
Les personnages sont attachants ce qui accroit l'intéret porté à la lecture. Pourtant ce livre m'a paru beaucoup moins noir que Cubaine ou Timgad : une nostalgie ? Une certaine tolérance pour ces habitants du village, un engagement moins marqué contre ces hommes qui ont aussi subi l'oppression. Il s'agit plus d'une description, du récit de quelque chose que l'envie d'une dénonciation.

Je finirai quand même avec un petit point négatif : ce roman est trop court... je crois qu'il aurait pu être plus délayé, développé sans que l'histoire en pâtisse.


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