Tony Hillerman Edition poche Edition originale note Tony HILLERMAN

Le Voleur de Temps

traduction (américain) : Danièle et Pierre Bondil

Edition originale : Rivages / Thriller - 1989
Rééditions :
Dernière édition poche : Rivages / Noir - Mai 1991
Autres éditions :


Genre :
Roman d'enquête
Polar militant / engagé

Thème abordé :
Trafic
Mystique / Religion

Personnages :
Flic

Lieu :
Etats Unis

Époque :
Années 1980

Style :
Littéraire

Poids du roman :
250 à 400 pages



Si vous avez manqué le début (quatrième de couverture) :

Quand une anthropologue notoire arrive dans les montagnes sacrées du pays Anasazi, elle est d'abord furieuse de découvrir que le site funéraire pré-navajo a été pillé ; puis elle est terrifiée par ce qui surgit de l'ombre. Des semaines plus tard, le lieutenant Joe Leaphorn, en examinant un rapport selon lequel l'anthropologue a dérobé de précieux objets, découvre aussi qu'elle a disparu. L'affaire prend un tour sinistre lorsque Jim Chee, à la recherche de matériel de fouilles disparu également, trouve autre chose de nettement plus macabre dans une fosse. Leaphorn et Chee devront unir leurs forces pour exhumer le passé et résoudre une longue série de meurtres, plus étranges les uns que les autres.


Les dix premières lignes :

La lune s'était levée derrière elle juste au-dessus du sommet de la falaise. Et devant elle, sur le sable tassé du fond du wash, l'ombre de la marcheuse faisait une étrange forme tout en longueur : elle faisait parfois penser à un héron, parfois à l'une de ces silhouettes-bâtons des pictogrammes des Anasazis. Un pictogramme animé dont les bras bougeaient en cadence tandis que l'ombre projetée par la lune avançait sur le sable. Parfois, quand la piste à chèvres décrivait un virage et plaçait la marcheuse de profil en écran devant la lune, l'ombre devenait Kokopelli en personne. Le sac à dos dessinait la bosse grotesque de l'être sacré, la canne représentant sa flûte, recourbée à son extrémité. Vue d'en haut, cette ombre aurait fait croire à un Navajo que le grand yei, que les clans du nord appelaient Arroseur d'Eau, avait revêtu une forme visible (…)


Un avis personnel :

par Geoffroy, le 27 janvier 2008

Il y a des lectures, des livres, des auteurs dont on a du mal à sortir, et tout ce qu'on lit après parait bien fade. Un seul remède est totalement efficace chez moi, prendre un roman de Tony Hillerman. Ses histoires sont tellement dépaysantes qu'elles me permettent généralement de remettre les compteur à zéro et repartir sur des lectures moins éprouvantes.

Joe Leaphorn vient de perdre sa femme, Emma, et n'a plus goût à son métier, il vient de faire la demande d'user de ses droits à la retraite. Il ne lui reste plus qu'une semaine avant que celle-ci ne devienne officielle. Mais alors qu'il n'est là que pour assister une perquisition chez une anthropologue pour un pillage de tombe, il se trouve intrigué par la disparition de celle-ci, et met un point d'honneur de retrouver Eleanor Friedman-Bernal. Emma aurait aimé qu'il la retrouve.
Dans le même temps, un camion pelle se fait dérober dans un garage alors que le site était sous la surveillance de Jim Chee. Bien que le capitaine Largo ait confié l'enquête à quelqu'un d'autre, Jim Chee va suivre la piste laissée par les voleurs.
Deux enquêtes qui vont se rejoindre rapidement.

Le Voleur de Temps est le deuxième roman qui réunit les deux flics de la police tribal Navajo, le "sceptique" lieutenant Joe Leaphorn et le "romantique" sergent Jim Chee.
"Voleur de temps" est le nom employé par les navajos pour désigner les pilleurs de tombes, car l'intrigue tourne autour du premier peuple qui a habité l'Amérique du Nord, les Anasazi, et des vestiges de leur civilisation, situés sur la réserve indienne.
Encore une fois, Tony Hillerman, indirectement, pose un regard critique sur l'homme blanc et sa culture, et encore une fois, ils seront à l'origine des crimes perpétués sur la réserve indienne. Ces hommes blancs ou ces Navajos convertis au christianisme pillent les vestiges des sites interdits, volant le passé d'un peuple qu'ils ont presque exterminé, pour leurs simples profits (argent, amour, gloire) qui, au final, paraissent bien futiles au vu des crimes commis. Il met ainsi en opposition ces pratiques avec la philosophie ou religion Navajo qui n'a pas de notion de possession et une crainte viscérale des morts et de leur dépouille.
On note, aussi, l'évolution de ses deux personnages, Joe Leaphorn qui cherche un second souffle après avoir perdu Emma, sa femme adorée et Jim Chee qui est train de tirer un trait définitif sur Mary Lindon et s'intéresse à Janet Pete, une avocate Navajo. De même, les rapports entre les deux policiers passent, petit à petit, de la méfiance née de leur dernière rencontre (cf. Porteurs de Peau) au respect et à une première ébauche d'amitié, comme en témoigne la commande d'une Voie de la Bénédiction (*) de Leaphorn à Jim Chee qui peine à vendre ses services de yataalii (**).

Bien servi par le style lent et envoûtant de Tony Hillerman, Le Voleur de Temps est une des nombreuses aventures réussies du cycle Navajo de l'auteur.

(*) Hatathali ou yataalii : Mot navajo désignant le chanteur, une sorte de shaman (cf. les glossaires qui terminent chaque livre de Hillerman).
(**) Rite guérisseur navajo. Seule, la Voie de la Bénédiction a un but préventif.


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Si vous avez aimé, vous continuez l'œuvre de Tony Hillerman, ou bien vous vous penchez sur Arthur Upfield et ses enquêtes dans le bush australien.



Du même auteur :

Bibliographie non exhaustive... Seuls sont indiqués ici les ouvrages chroniqués sur le site.


Le Peuple de l'Ombre (Le Peuple des Ténèbres) Là où Dansent les Morts Porteurs de Peau Femme qui Écoute La Voie de l'Ennemi
Dieu qui Parle Coyote Attend Le Premier Aigle Le Vent qui Gémit

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