Edition originale :
Rivages / Noir - Février 2002
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"Il est venu dans sa vie, Leila ne l'attendait pas, il est venu par hasard, par erreur, ce n'était pas elle qu'il cherchait. Mais il l'a prise, il s'est emparé d'elle, de son corps, de ses pensées. Peut-être qu'il a réussi, maintenant, ce qu'il annonçait quand il disait qu'il allait faire d'elle une torche vivante. Elle brûle toute vive, le souvenir la brûle. Et peut-être qu'il ne laissera rien d'elle. Rien que des cendres stériles..."
Viviane vit à Bois-Brûlé, une maison en lisière de la forêt d'Argonne, avec son compagnon Martin. Leila a bientôt dix-neuf ans et prépare le bac tout en faisant de temps à autre de petits boulots. C'est ainsi qu'elle se rend à Bois-Brûlé pour s'occuper du fils de Viviane pendant les vacances de printemps...
Mais un homme vient de la forêt, comme surgi du paysage qui porte encore les cicatrices de la guerre de 14-18, éventré par les mines et les obus. Il s'appelle Victor. Lorsqu'il était enfant, il passait ses vacances à Bois-Brûlé avec sa grand-mère. Mais un jour, on l'en a chassé. Aujourd'hui, à quarante-six ans, il est à la dérive. Et quand il pénètre dans le bunker sur la colline, non loin de la maison, ce bunker qu'on a transformé en abri de jardin, puis en "Gamehouse" pour les enfants, il ne sait pas qu'il va réveiller un drame passé et en provoquer un autre, bien actuel.
Un homme. Un enfant plutôt. Silhouette fragile, tremblante, très pâle contre le mur gris.
Un enfant qui lève les bras, en un geste de prière dérisoire, à peine ébauché. Dans le ciel, au-dessus de la ville en ruines, un bombardier. L'enfant se remet à courir à travers un lacis de ruelles. Un poursuivant le talonne, masqué, une arme de mort à la main.
La mitraillette crépite. L'enfant trébuche, reprend sa course malhabile.
Nouvelle giclée meurtrière, qui manque sa cible (...)
par Geoffroy, le 30 juin 2006
Voilà un roman assez différent dans sa construction de son premier ouvrage, Le Caveau. En effet dans Bois-Brûlé pas d'enquête, pas de disparition et pas d'unité de lieu et de temps. Claude Amoz nous entraîne dans la vie et les pensées de tous les protagonistes du drame qui s'est déroulé à Bois-Brûlé. De leur vie avant et après le drame.
Un exercice bien maîtrisé, dont les prémisses étaient visibles dans Le Caveau. Au fil des pages, on se rend vite compte des tenants et des aboutissants de ce qui s'est passé, un drame qui ne sera dévoilé qu'en toute fin du livre. Si l'attente de cet événement (qu'est-ce qui a bien pu se passer dans ce bunker !?) monte pendant la première moitié du livre, l'attachement aux personnages, leurs démons, et la linéarité de la trame, font qu'au final, cette attente retombe et cet évènement n'est qu'un prétexte à décrire les ressorts psychologiques de Leila, Martin et Victor.
Au final, on apprend enfin ce qu'il s'est passé, et les dernières lignes, vous surprendrons sûrement. Une fin qui me rappelle un peu celle de La Mort du Petit Cœur de Daniel Woodrell.
Ce roman a reçu le Prix Mystère en 2002.
Quelques pistes à explorer, ou pas...
Désolé, pas vraiment d'idée...
Bibliographie non exhaustive... Seuls sont indiqués ici les ouvrages chroniqués sur le site.
Vous pouvez, vous aussi, entamer ou poursuivre la discusion...
Par Sophie, le 1 Août 2007
J'ai été agréablement surprise au début, et pendant à peu près 2/3 du livre. L'écriture coule bien, on s'accroche bien aux personnages, c'est très agréable à lire.
Ca se gâte dans le dernier tiers, mais je pense que ça n'est pas tant que la qualité qui se dégrade que la lassitude qui s'installe chez le lecteur.
En fait c'est construit de manière vraiment très très linéaire, et très prévisible.
Les chapitres alternent les différents points de vue, et l'intrigue progresse vers un objectif annoncé comme énorme : LE traumatisme de la fin.
Seulement le traumatisme n'est pas à la hauteur de ce que les 250 pages d'avant font miroiter, il parait un peu malingre comparé ce qu'on avait pu imaginer.
De même que le traitement des thèmes abordés est un peu maigre par rapport à ce que l'on peut en faire (la guerre, la jalousie, l'obsession etc...).
Et enfin il y a quand même pas mal de petites incohérences au niveau des personnages, quelque chose qui sonne faux ou un peu apprêté.
Bref, pour résumer, ce bouquin a des qualités, il est bien écrit, il y a de l'idée mais il a tendance à devenir agaçant au bout d'un moment.
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