traduction (américain) : 0 Ata
Edition originale :
Christian Bourgois - 1988
Rééditions :
Dernière édition poche : Folio Policier - Avril 2006
Autres éditions :
10/18 - Septembre 1999
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Quand on est pauvre avec un héritage bloqué par testament jusqu’à l’âge de cinquante-trois ans et que l’on vient de perdre l’essentiel de son gagne-pain quotidien, on ne crache plus dans la soupe. Milo Milodragovitch, rejeton maudit de ce qui fut une famille importante de Meriwether (Montana), ne peut qu’accepter l’offre d’Helen Duffy. Retrouver un frère innocent, gentil garçon raisonnablement de gauche et passionné d’armes à feu, disparu dans un incendie, n’est pas si compliqué. Surtout si la demande émane d’une femme à ce point démunie qu’elle en devient troublante. Le vice, la haine et la violence ne sont pourtant pas loin. La laideur cache son jeu et les morts s’amoncellent. Qui ment et pour quelles raisons ? À coucher avec ses clients, Milo ne verra que trop tard ce qu’il avait sous le nez…
Les temps et les gens changent, même les lois changent, et là, aucune indemnité n’est prévue. Durant presque quatre-vingts ans, la seule façon de divorcer par chez nous, c’était d’accuser sa moitié d’adultère ou mieux, de la prendre sur le fait. Rien d’autre ne valait, pas même la folie ou les violences physiques. Et depuis dix ans que j’avais démissionné de mon poste d’adjoint au shérif, j’avais bien gagné ma vie grâce à cette législation antédiluvienne (…)
par Caroline, le 22 juin 2008
La première aventure de Milodragovicth débute comme un vieux classique de privé. Détective alcoolique, bureau miteux et belle cliente qui vient toquer à la porte pour retrouver son jeune frère.
Mais il y a toujours quelque chose qui met ces romans à part. L’écriture de Crumley d’abord, celle qui m’avait tant plu dans La Danse de l'Ours, ses descriptions et tournures de phrases.
« Je retournai derrière mon bureau m’envoyer une nouvelle lampée de whisky et ouvris un pot de yaourt à la myrtille. Moi, je surveille ma ligne : pour rien au monde je ne voudrais avoir l’air d’un ivrogne. »
Plus que d’ordinaire dans ce genre, l’alcool est un thème central du roman. Le verre de whisky n’est pas juste un décor dans la main du détective. Milo est un ivrogne au milieu de soulards, un fils d’alcoolique qui trempe dans son vice, l’explore et le pense, ultime lien avec ce père suicidé. Un sacré personnage à découvrir.
J’ai eu l’impression d’un gros flottement au milieu du bouquin, une enquête qui tourne un peu en rond (ou bien est-ce mon cerveau de lectrice ?), avant d’être de nouveau happée par l’histoire. Faut dire qu’entre le pauvre truand incapable marié à une femme de la mafia, la fille qui montre son cul aux touristes, et le flic désespérément intègre, on a là tout un panel de paumés attachants, vus par le regard dur de notre privé en mal d’amour. Une pirouette finale encore une fois incroyable, et on se demande si sa vie va vraiment s’arranger.
« Pour vieillir, faut déjà se souvenir. Et moi, je me souviens même pas de ce qui s’est passé ce matin. »
Quelques pistes à explorer, ou pas...
Les autres aventures de Milo, bien sûr, comme La Danse de l'Ours. Ou encore un autre de ses personnages, Sughrue. Ou bien une autre réussite sur le thème du détective : le détective manchot de Michael Collins dans Rosa la Rouge, mon préféré.
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