traduction (anglais) : Hubert Tézenas
Edition originale :
Presses de la Cité - Octobre 2006
Rééditions :
Dernière édition poche : Pocket - Juin 2008
Autres éditions :
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Joe Oakes est journaliste et gagne sa vie en démystifiant les prétendus phénomènes paranormaux. En débarquant sur Pig Island, îlot perdu au large de l’Écosse, il est fermement décidé à vérifier si la trentaine d’allumés qui y vivent en vase clos vénèrent le diable comme les en accusent les gens de la côte. Et, surtout, il veut tordre le cou au mythe du monstre qui aurait élu domicile sur l’île, une mystérieuse créature filmée deux ans plus tôt par un touriste à moitié ivre.
Mais rien, strictement rien ne se passe comme prévu. Joe est confronté à des événements si atroces qu’ils bouleversent à jamais son idée de la peur et du mal…
La première sirène d’alarme s’est déclenchée dans ma tête au moment où le patron et le pêcheur de homards m’ont montré ce qui s’était échoué sur la grève. Il m’a suffi d’un regard au fracas des vagues pour comprendre que démonter le canular de Pig Island ne serait pas une partie de plaisir, contrairement à ce que j’avais espéré.
Je n’ai trop rien dit pendant quelques minutes, et sans doute me suis-je gratouillé la nuque, planté là, le regard fixe, parce que ce genre de truc… ma foi, ça fait réfléchir, pas vrai (…)
par Jérôme Jukal, le 19 septembre 2008
Joe Oakes a décidé de démystifier la légende qui court et qui ne cesse de croître concernant l’île de Pig Island et l’un de ses occupants, un occupant singulier filmé par hasard par un touriste. L’île abrite également une secte que Oakes connaît bien et il vient y régler quelques comptes personnels par la même occasion, espérant les solder définitivement.
Voici donc le roman de l’après Tokyo, ce polar exceptionnel, mystérieux, dérangeant, que Mo Hayder a écrit en 2004. Le moins que l’on puisse dire est que Pig Island ne peut renier son lien de parenté avec son prédécesseur.
Il ne peut le renier dans la bizarrerie, le changement de points de vue et une certaine montée de l’horreur. Mo Hayder a décidément un véritable goût pour la monstruosité humaine, tant physique que morale. Malheureusement, cette fois, la sauce prend moins, je n’ai pas été subjugué, glacé, pétrifié, comme j’avais pu l’être avec le précédent. Peut-être est-ce dû à l’opposition entre le narrateur et l’auteur, là où le journaliste veut démystifier, trouver une explication, un pourquoi et un comment, l’auteur semble fascinée par le sordide, l’étrange, sans vouloir donner à tout prix une explication. Le livre souffre peut-être également de l’attente provoquée par Tokyo sans en atteindre la qualité. Mo Hayder n’a pas trouvé là un sujet dans lequel son talent aurait pu de nouveau s’épanouir, on a même l’impression à certains moments qu’elle se force à retrouver ce qui avait fait la qualité de son roman-phare, tentant de forcer les choses, les ficelles deviennent alors un peu trop visibles, l’histoire pas aussi déroutante que la romancière semble l’avoir voulu.
Ça n’est pas une déception, juste un retour sur terre.
Quelques pistes à explorer, ou pas...
Tokyo, bien sûr.
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