Roger Jon Ellory Edition originale note Roger Jon ELLORY

Seul le Silence

traduction (anglais) : Fabrice Pointeau

Edition originale : Sonatine - Août 2008
Rééditions :
Dernière édition poche :
Autres éditions :


Genre :

Thème abordé :

Personnages :

Lieu :
Etats Unis

Époque :

Style :

Poids du roman :
Plus de 400 pages



Si vous avez manqué le début (quatrième de couverture) :

Joseph Vaughan, écrivain à succès, tient en joue un tueur en série, dans l’ombre duquel il vit depuis l’enfance.
Trente ans plus tôt : Joseph a douze ans lorsqu’il découvre dans son village du sud des États-Unis le corps d’une fillette assassinée. Une des premières victimes d’une longue série qui laissera longtemps la police impuissante.
Des années plus tard, alors que l’affaire semble élucidée, Joseph décide de changer de vie et de s’installer à New York pour oublier les séquelles de cette histoire qui l’a touché de trop près. Mais à nouveau les meurtres d’enfants se multiplient, et il comprend que le tueur est toujours à l’œuvre. Pour échapper à ses démons, Joseph n’aura d’autres solutions que de reprendre l’enquête, afin de démasquer le vrai coupable.


Les dix premières lignes :

Coups de feu, comme des os se cassant.
New York : sa clameur infinie, ses rythmes métalliques âpres et le martèlement des pas, staccato incessant ; ses métros et cireurs de chaussures, carrefours embouteillés et taxis jaunes ; ses querelles d’amoureux ; son histoire, sa passion, ses promesses et ses prières.
New York avala le bruit des coups de feu sans effort, comme s’il n’avait pas plus d’importance qu’un simple battement de cœur solitaire.
Personne ne l’entendit parmi une telle abondance de vie.
Peut-être à cause de tous les autres bruits.
Peut-être parce que personne ne l’écoutait (…)


Un avis personnel :

par François Cariou, le 14 février 2009

La quatrième de couverture ci-dessus tend à présenter ce roman comme un parmi tant d’autres au milieu de la pléthorique production consacrée aux serial killer. Pourtant il s’agit de bien autre chose. Bien sûr, obéissant aux lois du genre, il nous amène à nous interroger sur l’identité du tueur et ce jusqu’aux dernières pages. Mais l’essentiel n’est pas là.

Le début nous montre un Joseph Vaughan meurtri et cet homme va nous raconter par le détail et dès l’enfance comment il en est arrivé là. Comment une catastrophe tend à conditionner de façon irrémédiable la vie d’un individu, dans sa destinée mais aussi dans sa psychologie, sa noirceur, sa culpabilité. Le roman nous conte aussi une communauté qui perd ses petites filles de façon horrible, qui se soupçonne, se replie sur elle-même, sur ce qu’elle croit être son identité.
La qualité d’écriture est telle que nous sommes en totale empathie avec Joseph Vaughan ; nous ressentons ses peurs et ses souffrances d’enfant, nous subissons ses injustices, ses indignations.
L’auteur fait preuve d’une grande acuité, de finesse pour nous dépeindre sans complaisance la psychologie des personnages, la complexité de leurs relations au fil de ces années marquées par la terreur et le mystère. La fluidité et la précision du style permettent de s’attacher aux petites choses de la vie des habitants de la petite ville d’Augusta Falls (Georgie)comme à la grande Histoire marquant les époques traversées (des années trente à nos jours).
Le roman suit l’histoire de façon chronologique, mais, ouvrant le récit et le ponctuant, on retrouve Joseph Vaughan face au meurtrier qu’il vient de tuer, se pensant à l’agonie, à bout de force, physique et psychologique. Ces moments sont poignants. Il fait le bilan et ne s’épargne pas.
Un grand roman.

Seul bémol pour l’édition française, ces panneaux racoleurs signés Michael Connelly ornant la première et la quatrième de couverture.


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Quelques pistes à explorer, ou pas...

Il y a quelques similitudes avec les marécages de John Lansdale : le Sud des USA, l’enfance, l’époque, un serial killer.
The Red Riding Quartet de David Peace, peut être, pour l’impact du “Mal” sur les individus.



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Par Gemini, le 15 Février 2009
Seul le Silence est conté par un narrateur qui agonise et revient sur les évènements l’ayant mené là où il est.
La force de ce roman, à mon sens, c’est de mélanger une histoire de serial-killer d’enfants à la peinture d’une petite ville américaine de Georgie. Les peurs des gens refermés sur eux, leur hypocrisie, leur solidarité et leur haine à la fois.
« On y prônait la religion, la tolérance et l’abstinence, mais les bars étaient bondés, et quelque part à la périphérie de la ville se trouverait une maison appartenant à une femme célibataire, une maison dans laquelle il y aurait deux ou trois filles. (...) Les gens de Stone Gap abhorraient la violence, mais chaque homme possédait un pistolet et chaque femme avait plongé les mains dans le sang d’un porc égorgé. »
Certains passages vantent légèrement un passé meilleur opposé à un monde qui devient fou, mais sans trop appuyer, d’une manière qui n’est pas sans rappeler Cormac McCarthy.
Nous sommes au début de la seconde guerre mondiale, évènement à la fois lointain et proche pour les américains. Joseph a neuf ans quand son père meurt. Il va nous raconter son histoire, lui qui veut devenir écrivain. « Il te faut juste une première phrase, dit-il. Chaque grand livre commence par une première grande phrase, tu sais ? » L’enfant qu’il était, l’homme mourrant qu’il est devenu, voilà les évènements que le lecteur va découvrir. Joseph devient quelqu’un de très proche, et son histoire en est d’autant plus touchante.
Ellory a une façon de décrire les choses, de prendre son temps pour nous immerger dans une ambiance, s’attardant a priori sur des détails, pour ensuite balancer le pire sans s’y attarder. L'ensemble est donc très habile captivant et émouvant pour le lecteur.


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