traduction (américain) : Vincent Hugon
Edition originale :
Buchet-Chastel - Janvier 2009
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Quand mes frères Bob et Grat Dalton se firent abattre en 1892, leurs cadavres furent photographiés debout, en chaussettes, menottés, et ils restèrent toute la nuit par terre dans la prison de Coffeyville, des mouches bleues leur parcourant le visage. Certaines femmes prélevèrent des mèches de leurs cheveux et des morceaux de leurs vêtements avec des ciseaux à cranter, et les cartouches qu’ils avaient encore à la ceinture furent vendues un dollar pièce.
À soixante-cinq ans, Emmett Dalton, seul survivant du gang des Dalton, est devenu une légende vivante à Hollywood. Il gagne sa vie en monnayant aux studios de cinéma californiens ses souvenirs et les histoires détaillées des meurtres impitoyables, des attaques à main armée sauvages et des juteuses contrebandes d’alcool — avec la complicité criminelle de ses frères —, dans le Grand Ouest américain, et notamment en Oklahoma.
Il raconte Bob Dalton, cet homme aux yeux bleus et à la beauté romantique, qui tuait par amour sans sourciller. Et Grat, le cinglé de la gâchette, qui terrifiait jusqu’à sa propre famille. Ou encore Eugenia Moore, la maîtresse d’école, qui planifiait les opérations...
L’auteur de La Nièce d’Hitler et de L’Assassinat de Jesse James par le Lâche Robert Ford s’inspire, une fois de plus brillamment, d’une page de l’histoire violente du XIXe américain, pour nous faire palpiter au rythme des exploits de la plus célèbre bande de hors-la-loi des États-Unis.
Quand le marshal Frank Dalton fut abattu par des contrebandiers de whisky en 1887, le gouvernement fédéral renvoya son corps à Coffeyville, au Kansas, dans un cercueil en acajou rempli de glace. Lape, le croque-mort, apprêta le visage et les cheveux de mon frère avec de la cire et son corps fut transporté jusqu’au cimetière d’Elmwood dans un élégant corbillard noir dont les vitres ne déformaient pas les objets (…)
par Caroline, le 11 juillet 2009
Que c’est bon un western ! La poussière, la chaleur ou la pluie et l’odeur des chevaux. Histoire de famille, d’amitié entre frangins et de liberté, Le Sang des Dalton balaie de nombreux thèmes dans le cadre de l’épopée de ces hors-la loi.
C’est Emmett qui raconte la vie de ses frères, de leurs débuts du bon côté, en tant que marshalls, et comment les choses ont basculé petit à petit. Quinze frères au total mais l’on suivra surtout Bill, Bob, Emmett et Grat vers le bain de sang. Et avec eux deux personnages féminins : l’intrépide Eugenia, la compagne de Bob.
« Je ne suis pas du tout une femme convenable. Je suis capricieuse, bizarre et aussi peu exclusive qu’un hôtel, mais je t’aime, Bob Dalton — tu es mon résident permanent. »
Julia, elle, plus sage et rangée, plus jeune aussi, voudrait bien ramener Emmett dans le droit chemin. Car la bataille ne se fait pas qu’à coups de pistolet, la morale et la conscience luttent aussi dans la tête de ces hommes. Beau parleur, homme d’affaire, timbré, chaque Dalton suit sa route. Leur histoire se déroule à la fin d’un siècle et au début d’un autre, entre 1890 et 1907. Le monde change et ils l’illustrent parfaitement. La société ne peut tolérer les attaques et les écarts. Le seul à s’en sortir sera celui qui rentre dans le rang. L’issue n’a rien de surprenant, le lecteur la connaît dès le début, mais la façon qu’a Ron Hansen de raconter dans les moindres détails, paysages, objets et protagoniste, tout cela donne un tableau captivant.
Les soixante dernières pages entièrement consacrées à l’attaque des deux banques forment une scène « climax », à l’image du duel final des bons vieux westerns. Tension et émotion au maximum.
Quelques pistes à explorer, ou pas...
La Coulée de Feu de Valerio Evangelisti possède ce souffle et ce souci du détail.
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